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évoques et les supérieurs ecclésiastiques à donner asile à ces pauvres prêtres,qu’il plaça sous la protection de ses troupes. Cette circonstance amena une foulede scènes touchantes : beaucoup de soldats reconnurent les curés de leurs vil-lages. C’était ainsi que Bonaparte répondait aux excommunications et aux com-plots d’assassinat dont le Vatican menaçait l’armée et son général.
Cependant le retour des prisonniers de Faenza avait jeté la consternationdans la cour du Saint-Père. Le parti de la liberté , comprimé dans Home de-puis les meurtres de Duphot et de Basseville, y reparut subitement. Enfin, laprise d'Ancône et de 1 inexpugnable Mantoue avait glacé soudain l'ardeur desconseils pontificaux , et Pie VI lui-même fut si honteux de sa conduite , que,malgré les assurances proclamées par le général français de la sécurité’ qu’ildevait conserver en restant dans Rome , quels que fussent les événements, ilvoulait se réfugier à Naples. Mais Bonaparte lui avant fait proposer d’envoyerdes plénipotentiaires à son quartier-général de Tolenlino, le Saint-Père restaau Vatican. Alors le serpent de la politique ultramontaine se replia sur lui-même , et le souverain pontife, conseillé par son propre malheur, écrivit à Bo-naparte :
« Ciikiî Eli.s ,
« Saut kt iîénkiiictio.x aimistoi.ioi'k.
« Désirant terminer à l’amiable nos différends actuels avec la republique« française , par la retraite des troupes que vous commandez , nous envoyons<c et députons vers vous, comme nos plénipotentiaires, deux ecclésiastiques.« M. le cardinal Mattéi, parfaitement connu de vous, et monsignor Galeppi, el« deux séculiers, le duc don Louis Braschi , notre neveu , et le marquis Mas-« simi, lesquels sont revêtus de nos pleins-pouvoirs pour concerter avec vous,« promettre et souscrire , les conditions justes et raisonnables que nous espé-« rons d’obtenir. Nous nous engageons sur notre foi et parole à les approuver(( et ratifier en forme spéciale, afin quelles soient valides et inviolables en« tout temps. Convaincu des sentiments de bienveillance que vous avez mani-<( testés, nous sommes décidé à ne pas sortir de Rome : vous verrez par là« combien est grande notre confiance en vous. Nous finissons en vous assurant« de notre plus grande estime , et en vous donnant la paternelle bénédiction« apostolique.
<c Donné à Saint-Pierre de Rome , le 12 février 1797, l’an 22 e de notre pon-« tificat.
Le style de cette lettre différait un peu de celui de la harangue publiée lesjours précédents. Mais il n’y avait plus d’Autriche pour le Vatican. L’Autriche même n’avait promis son appui au Saint-Siège qu’à des conditions très-dures ,