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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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I) K N APOLLON.

lit

chef, impatient de signaler son arrivée, n’attend point la présence des autresdivisions : il sait qu’Alexandrie se dispose à une défense, il veut étonner sesnouveaux ennemis par une audace qui leur est inconnue, et s'assurer, parune conquête utile, du moral de sa propre armée. A deux heures du matin , ils’avance sur trois colonnes et commande l'assaut des murailles; elles cèdent à lafurie française. Les troupes, malgré l’ordre de Bonaparte , se précipitent dans laville , qui n’a pas le temps de capituler. La prise d'Alexandrie ne coûta qu'untrès-petit nombre de soldats et d’officiers ; Bonaparte les fit enterrer au pied dela colonne de Pompée, et voulut que leurs noms fussent gravés sur ce monu-ment. Toute l'armée assista à cette cérémonie ; elle répondit dans ses rangsl'enthousiasme que le héros d'Italie entretenait par tous les moyens que luisuggéraient son génie et l'habitude d’exercer un irrésistible ascendant surles autres hommes. Jamais plus habiles proclamations n’avaient été adresséesaux soldats français ni aux nations vaincues ; avant de débarquer, il avait ditaux premiers : « Les peuples avec lesquels nous allons vivre sont mahométans;« leur premier article de foi est celui-ci : Il n’y a d’autre dieu que Dieu , et« Mahomet est son prophète. Ne les contredites pas ; agissez avec eux comme« vous avez agi avec les Juifs, avec les Italiens ; ayez des égards pour leursa muphtis et pour leurs imans, comme vous en avez eu pour les rabbins et« pour les évêques. Ayez pour les cérémonies que prescrit l'Alcoran , pouru les mosquées, la même tolérance que vous avez eue pour les couvents, poura les synagogues, pour la religion de Moïse et celle de Jésus-Christ . Les légions« romaines protégeaient toutes les religions. Tous trouverez ici des usages« différents de ceux de l’Europe : il faut vous y accoutumer. Les peuples chez« lesquels nous allons traitent les femmes différemment que nous; mais, dans« tous les pays, celui qui viole est un monstre. Le pillage n’enrichit qu’un« très-petit nombre d’hommes ; il nous déshonore , il détruit nos ressources,a il nous rend ennemis des peuples qu’il est de notre intérêt d’avoir poura amis. La première ville que nous allons rencontrer a été bâtie par Alexandre ;a nous trouverons à chaque pas de grands souvenirs dignes d’exciter l’ému-a lation des Français . »

Il disait aux Musulmans d’Alexandrie : a Depuis trop longtemps les beysa qui gouvernent l’Égypte insultent à la nation française, et couvrent les né-a godants d’avanies; l’heure de leur châtiment estarrivée. Depuis trop long-a temps ce ramassis d’esclaves, achetés dans le Caucase et la Géorgie , tyrannisea la plus belle partie du monde ; mais Dieu , de qui tout dépend, a ordonnéa que leur empire finît. Peuple de l’Égypte , on vous dira que je viens poura détruire votre religion ; ne le croyez pas : répondez que je viens vous restituera vos droits, pour punir les usurpateurs, et que je respecte , plus que les Ma-a melucks. Dieu , son prophète et le Ivoran. Dites-leur quêtons les hommesa sont égaux devant Dieu ; la sagesse, les talents et les vertus mettent seuls