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les habitants fuient loin d'éprouver les mômes sentiments de résignation , carune fermentation sourde se lit bientôt remarquer dans l'immense ville du Caire .
On était à l'époque où le retour de la grande opération de la nature quieliaque année épanche le Nil sur le sol égyptien , ramène l’antique cérémonieque la reconnaissance célèbre depuis tant de siècles en mémoire de ce bienfait.Bonaparte saisit habilement l’occasion de rendre un hommage éclatant à cet
usage à la fois politique et religieux. Placé sous un pavillon avec le pacha duCaire , il préside à la pompe, dont ce dernier lui abandonne tout l’honneur. Ausignal qu’il a donné, la statue de la fiancée du Nil est précipitée dans les (lots,la digue est rompue, et les noms de Bonaparte et de Mahomet se confondent dansles airs. Le général français jette de l’or à la foule, distribue trente-huit cafe-tans aux principaux officiers, et revôt de la pelisse blanche le nakibredjah, dela pelisse noire le mollach gardien du meqyas, monument qui renferme le ni-lomètre. Tout le peuple chantait les louanges du prophète et celles de notrearmée, et, maudissant la tyrannie des beys, disait avec transport à Bonaparte :« Oui, vous ôtes venu nous délivrer par l’ordre du Dieu miséricordieux, car« vous avez pour vous la victoire et le plus beau Nil qu’il y ait eu depuis un« siècle. Ce sont deux bienfaits que Dieu seul peut accorder. » Cette brillantesolennité eut lieu quinze jours après le désastre d’Aboukir.
La fortune offrit encore à Bonaparte une circonstance favorable pour asseoir
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