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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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I)K NAPOLÉON.

toi

A deux lieues de Suez , on reconnut les traces de l’ancien canal, qui, au boutde quatre lieues, se perd dans les sables. Voulant connaître les deux routes quiconduisent du Caire à Suez, Bonaparte revint par Belbeis, où était le quartier dugénéral Reynier. Ce fut entre ces deux villes que, rencontrant une caravane desArabes de Thor, escortée par des dromadaires, il fut frappé de la facilité aveclaquelle on maniait ces animaux. Il s’arrêta, et dit à Eugène Beauharnais , àÉdouard Colbert et à d’autres jeunes officiers de monter ces dromadaires ; ilss’en tirèrent aussi bien que les Arabes : de là vint l’idée de former un régimentde dromadaires. Deux hommes, assis dos à dos, étaient portés sur un droma-daire , et pouvaient, grâce à la force et à la célérité de ces animaux, faire vingt-cinq ou trente lieues sans s’arrêter. Bonaparte forma ce régiment pour donnerla chasse aux Arabes, qui infestaient le pays. A Belbeis, il apprend que Djezzar ,pacha de Syrie , a fait occuper par l’avant-garde de son armée le fortd’El-Arich,qui défend les frontières de l’Égypte , à dix lieues dans le désert. La rupture entrela Porte et la république française n’est plus douteuse. Celte provocation expliquele firman du Grand-Seigneur ; Bonaparte sent sur-le-champ sa position, et, sui-vant son usage, veut déconcerter son ennemi en le prévenant par une attaquesoudaine.

L’expédition de Syrie est décidée. II repart aussitôt pour le Caire , et entreà Salahieh. II y met en mouvement la division Reynier, qui va être son avant-garde en Syrie. De retour au Caire , il donne ordre à dix mille hommes de setenir prêts à marcher. Les généraux Bon, Kléber, Lannes et Reynier, com-mandent l'infanterie, Murat la cavalerie, Dommartin l’artillerie, et CalTarelli-Dufalga l’arme du génie; Daure est ordonnateur en chef de l’armée. L’amiralPerrée doit, avec trois frégates, croiser devant Jaffa et apporter l’artillerie desiège. L’artillerie de campagne et des divisions comprend cinquante bouches àfeu. En peu de jours Reynier paraît devant El-Arich , s’empare de la ville, détruitune partie de ses défenseurs, force l’autre à se renfermer dans le château, re-trouve en avant les Mamelucks d’ibrahim, les attaque, et se rend maître de leurcamp. Les Anglais bombardaient Alexandrie pour détourner Bonaparte de sonprojet sur la Syrie ; mais il comprend le but de cette hostilité, et la dédaigne :il arrive à El-Arich le lendemain de la victoire de Reynier sur les Mamelucks ,sept jours après son départ du Caire . Il fait sur-le-champ canonncr une des toursdu château. La brèche est ouverte, et en deux jours les Barbares qui forment lagarnison ont capitulé. On trouve dans le fort des magasins considérables.

L’armée continue sa marche pénible dans le désert, où elle éprouve de grandessouffrances; mais les soldats voyant leur général marchant à leurs côtés, sup-portant, avec une santé débile, les mêmes privations qu’eux et les mêmes fati-gues, n’osent se plaindre. Entre El-Arich et Gaza, Bonaparte courut un granddanger et faillit être enlevé. On s’était égaré ; Kléber, qui marchait à la tête ,avait été trompé par ses guides ; Bonaparte suivait le bon chemin avec une

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