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beaucoup d'hommes hors de combat. L’importante place de Cailla , ou l’arméetrouve des munitions et des approvisionnements en tout genre, tombe en notrepouvoir.
Dans cette mémorable campagne de Syrie , tout présente l’empreinte del’Orient ; tout est grand : le danger, la résistance, l’attaque, la vengeance, labarbarie. Soixante jours verront la valeur française briser vainement lesmurs de Saint-Jean-d’Acre, et Bonaparte , devenu plus inébranlable dansson dessein par les efforts de l’ennemi, communiquer toute l’opiniâtreté desa résolution à des légions que les Romains eussent nommées invincibles.Chaque jour rend le péril plus éminent, la prise d’Acre plus nécessaire. Lesfirmans du Grand-Seigneur ont soulevé les populations d’une partie de l’Asie ;elles descendent des montagnes, et accourent de Bagdad, de Damas , des bordsde l’Euphrate , pour la destruction des infidèles ; les flottes turques couvrent lamer et portent une armée qui vient au secours de la Syrie . Une autre se ras-semble à Rhodes pour reconquérir l’Égypte , où Mourad-bey occupe le généralDesaix, où l’insurrection agite le Delta. Le pavillon d’Angleterre dirige latempête maritime; il faut s’emparer d’Acre avant que son port reçoive cesnouveaux renforts. Mais l’artillerie de siège nous manque; enlevée par unecroisière anglaise avec notre flottille, elle sert à fortifier les remparts d’Acre.Les deux assauts donnés à la ville ont prouvé la force des ouvrages qui la pro-tègent, et Djezzar, pour seconder les mouvements de l’armée du pacha deDamas, ordonne contre le camp de Bonaparte une sortie générale, que condui-sent et soutiennent les équipages et l’artillerie des vaisseaux anglais . L’impétuo-sité de nos bataillons a bientôt refoulé les assiégés dans la place.
Le général en chef avait détaché la division Kléber vers le Jourdain, pour endisputer le passage à l’armée venant de Damas . Cette armée, réunie aux peu-plades des montagnes de Naplouse , s’élevait à environ vingt-cinq mille hommes.Plus de douze mille cavaliers en faisaient la force. Elle traînait un bagage im-mense. Junot, avec l’avant-garde de Kléber, forte de cinq cents hommes auplus, rencontra l’avant-garde turque sur la route de Nazareth . Loin de reculer,il brava hardiment l’ennemi, et, formé en carré, couvrit le champ de bataille demorts, et prit cinq drapeaux ; mais, obligé de céder au nombre, il se replia sur ladivision Kléber. Instruit de la force de l’ennemi, Bonaparte se détache, avec ladivision Bon, pour aller au secours de Kléber et livrer une bataille décisive. Deshauteurs qui dominent les plaines de Fouli, il découvre Kléber, qui, retranchédans des ruines avec deux mille hommes, y brave les vingt mille qui le cernent.En un moment, Bonaparte a conçu cette bataille célèbre, à laquelle le Thaborva attacher son nom. Il envoie Murat garder le Jourdain avec sa cavalerie.Vial et Rampon marchent sur Naplouse , et lui-même il se place entre les enne-mis et leurs magasins. Son petit corps est divisé en deux carrés, dont la direc-tion , combinée avec la position de la division Kléber, doit enfermer les Turcs