m
111 ST 01 UK
« L’ell'endi lait prisonnier à Aboukir est parti pour se rendre à Damiette . Je« vous ai écrit de l’envoyer en Chypre ; il est porteur, pour le grand vizir, d’une« lettre dont vous trouverez ci-jointe la copie.
« L’arrivée de notre escadre de Brest à Toulon , et de l’escadre espagnole à« Carthagène, ne laisse plus de doute sur la possibilité de faire passer en Égypte « les fusils, les sabres, les pistolets, les fers coulés dont vous pourriez avoir be-« soin, et dont j’ai l'état le plus exact, avec une quantité de recrues sullisanle« pour réparer les pertes des deux campagnes.
« Le gouvernement vous fera connaître alors ses intentions lui-même ; et moi,
« comme homme public et comme particulier, je prendrai des mesures pour« vous faire avoir fréquemment des nouvelles.
« Si, par des événements incalculables, toutes les tentatives étaient infruc-« tueuses, et qu'au mois de mai vous n’eussiez reçu aucun secours ni nouvelles<c de France , et si, malgré toutes les précautions, la peste était en Égjpte et« vous tuait plus de quinze cents soldats, perte considérable, puisqu’elle serait« en sus de celles que les événements de la guerre vous occasionneront jour-« nellement, je pense que dans ce cas vous ne devez pas hasarder de soutenir la« campagne, et que vous êtes autorisé à conclure la paix avec la Porte-Ottomane ,« quand même la condition principale serait l’évacuation de l’Égypte . Il fau-« drait seulementéloigner l’exécution de cettecondition jusqu’à la paix générale.
«Vous savez apprécier aussi bien que moi combien la possession de l’Égypte « est importante à la France ; cet empire turc, qui menace ruine de tous côtés,« s’écroule aujourd’hui; et l’évacuation de l’Egypte serait un malheur d’autant« plus grand, que nous verrions de nos jours cette belle province passer en des« mains européennes.
« Les nouvelles des succès ou des revers qu'aura la république doivent aussi« entrer puissamment clans vos calculs.
«Si la Porte répondait, avant que vous eussiez reçu de mes nouvelles de« France , aux ouvertures de paix que je lui ai faites, vous devez déclarer que« vous avez tous les pouvoirs que j’avais, et entamer les négociations, persistant« toujours dans l’assertion que j’ai avancée, que l’intention de la France n’a ja-« mais été d’enlever l’Égypte à la Porte ; demander que la Porte sorte de la« coalition et nous accorde le commerce de la mer Noire ; qu’elle mette en« liberté les prisonniers français ; et enfin six mois de suspension d’armes,« afin que, pendant ce temps-là, l’échange des ratifications puisse avoir lieu.
« Supposant que les circonstances soient telles que vous croyiez devoir con-« dure ce traité avec la Porte, vous ferez sentir que vous ne pouvez pas le« mettre à exécution qu’il ne soit ratifié; et, suivant l’usage de toutes les na-« tions, l’intervalle entre la signature d’un traité et sa ratification doit toujours« être une suspension d’hostilités.
« Vous connaissez, citoyen général, quelle est ma manière de voir sur la po-