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comme perdue; Mêlas, croyant la victoire certaine, accablé de fatigue, etsouffrant d'une chute qu’il avait faite , avait repassé les ponts de la Bormida .et était rentré à Alexandrie , laissant au général Zach le soin de poursuivrel’armée française. Bonaparte seul ne désespérait pas, et comptait sur l’arrivéede Desaix, avec six mille hommes de troupes fraîches. Il était cinq heures, et ladivision Lapoype ne se montrait pas encore, quand Desaix parut sur le champde bataille, à la tête de la seule division Boudet. Dans les mains de Bonaparte ,ce renfort va devenir l’instrument de la victoire, et l’armée devine la penséede son chef. Fatiguée d'une longue et sanglante retraite, elle voit, avec l'in-stinct d’une attente que son général n'a jamais trompée, la division Desaix cou-vrir sa gauche : « Soldats ! s’écrie Bonaparte , c’est avoir fait trop de pas en ar-rière; voici l’instant de marcher en avant; souvenez-vous que mon habitudeest de coucher sur le champ de bataille. « L’armée répète avec joie le cri del’attaque générale ordonnée sur toute la ligne.
Dans la persuasion où il était de la défaite assurée de l’armée française,Zach manœuvrait pour lui couper la retraite par la route de Tortone , avecune colonne de cinq mille grenadiers; le brave Desaix court à sa rencontreavec quinze pièces de canon, et tombe frappé d’une balle qui l’enlève à l’espoir
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de la F rance et à l’amour des soldats. Sa division se jette avec fureur sur le corpsennemi, où chacun cherche à venger la mort de son général. Cependant Zach ré-