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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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1>E NAPOLÉON.

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sisle, bien qu'il soit isolé au milieu de cette vaste plaine; mais Kcllenuaun portetout à coup sa cavalerie sur le liane gauche de la colonne ennemie, la brise, ladisperse, elles cinq mille grenadiers qui la composent sont faits prisonniers. Dèscet instant, notre ligne se précipite en avant, et a reconquis en moins d’une heurele terrain disputé depuis l’aurore. L’armée ennemie est prise à revers et recule àla hâte ; Mêlas essaie en vain de teniràMarengo : son inutile défense contribue àdonner le nom de ce village, tout à coup emporté par Bonaparte , à la fameusebataille qui va changer le sort de l’Italie. Les Français poursuivent les Autrichiensjusqu’à dix heures du soir, et ne s’arrêtent qu’à la Bormida : cinq mille morts,huit mille blessés, sept mille prisonniers, trente canons et douze drapeaux, sontles trophées de Marengo. Le lendemain, à la pointe du jour, Bonaparte fuit at-taquer la tête de pont de la Bormida ; mais, contre toute probabilité , l’ennemidemande à traiter. Quelques heures plus lard, les généraux Berthier et Mêlasont conclu la fameuse convention d’Alexandrie , qui remet en notre pouvoirtout ce que nous avions perdu en Italie depuis quinze mois, à l’exception deMantoue . Mais ce n’était qu’une convention militaire. Jaloux d’être encore enItalie, après une victoire décisive, le provocateur de la paix, le général Bona-parte dépêcha à Vienne , du champ de bataille de Marengo, le général Saint-Julien, qui était du nombre des prisonniers, et le chargea de porter à sa courdes paroles de conciliation.

Ainsi une seule bataille, gagnée après douze heures d'une retraite offensive,mais périlleuse, a replacé sous l’influence de la France la Lombardie , le Pié-mont, la Ligurie , et les douze places fortes qui les défendent. La ligne de neu-tralité des deux armées fut fixée entre la Chièse et le Mincio. La victoire et lafortune se disputèrent, dans la journée de Marengo, le triomphe de Bonaparte ;car Mêlas acceptait les conditions les plus rigoureuses, quoiqu’il eût encore desforces aussi nombreuses que les nôtres, et que le Piémont lui ouvrit la carrièred’une longue campagne de sièges et de positions. Maître de Gênes , ayant lamer et les montagnes pour ressource et pour appui, il pouvait soutenir unebelle guerre, et peut-être forcer la France à une paix honorable pour l’Autri-che ; mais après s’être vu enlever inopinément la victoire, il perdit aussi lecourage de supporter la défaite.

Bonaparte s’occupa d’abord d’achever l’organisation de la république cisal-pine et du Piémont, et de rendre à la France , non des contrées vaincues, maisdes nations amies et auxiliaires. Il sentait que l’amitié des peuples était unplus sûr rempart que leur asservissement, contre les ennemis de la patrie.II venait de l’éprouver au désavantage de Mêlas dans la Lombardie , dont tousles vœux étaient pour la république. Bonaparte, pressé de revenir à Paris ,où le rappelaient l’ivresse des Français et les intérêts conquis à Marengo,donna à Masséna le commandement de l’armée d’Italie , et à Suchet celui de laville de Gênes : digne récompense des importants services de ces deux généraux.