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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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DE N A DU LEON.

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héroïque, ce prince périt de la manière la plus barbare par les mains les plusnobles de son empire. Après ce crime, qui préservait peut-être l’Angleterre de saruine, on lut dans/e Moniteur de France : « Paul 1 er est mort dans la nuit du 23 au2V mars. L’escadre anglaise a passé le Sund le 30. L’histoire nous apprendra lesrapports qui peuvent exister entre ces deux événements. » A Pétersbourg on publiaque l'empereur était mort d’un coup d’upoplexie ! ! !

La mort de Paul I er brisa la coalition du Nord. On prétend que cette nouvelle,parvenue au prince royal de Danemarck , au milieu du combat qu’il soutenaitsi vaillamment contre la flotte anglaise , le décida à signer l’armistice proposépar Nelson. Aussitôt après la mort de l’empereur, Alexandre se hâta d’abjurerla conduite de son père, et, par un traité de commerce conclu la même année,il reconnut cet odieux droit de visite contre lequel l’honneur des nations venaitde s’armer. Le Danemarck , la Prusse et la Suède , durent accéder à ce traitéque la force leur imposa. Hambourg fut évacué par les Danois, le Hanovre parles Prussiens, et tout le littoral du nord de l’Europe rendu aux Anglais . Ainsifurent anéanties les espérances des neutres, dont les chefs du plus puissantempire et de la plus grande république du monde avaient si généreusement prisla défense.

Le Portugal , le seul allié de la Grande-Bretagne au commencement de cetteannée, restait ouvert parterre à l'invasion de la France et de l’Espagne . C’étaitl’unique point du continent où Bonaparte pouvait atteindre désormais la puis-sance anglaise. Dans le but de compléter le blocus général qui alors entouraitl’Europe, il résolut d’employer l’Espagne à ses desseins contre la cour de Lis-bonne . II avait chargé son frère Lucien d’aller, en qualité d’ambassadeur, né-gocier à Madrid l’envahissement du Portugal par les troupes espagnoles et lestroupes françaises combinées, démarche que précéda une proposition au cabinetde Lisbonne, de faire la paix sous la condition de renoncer à l’union britanni-que , de fermer ses ports à l’Angleterre, et de livrer le quart du royaume aux ar-mées françaises et espagnoles. Cette proposition avait été rejetée par le princerégent, qui n’ignorait pas qu’un pareil refus lui permettait de compterdavantage sur les secours du gouvernement auquel il se sacrifiait. Mais en An-gleterre, où l’on consulte plus encore l’intérêt que l’honneur national, le con-seil décida que les préparatifs que l’on fit ouvertement pour sauver le Portugal ,couvriraient une entreprise plus utile. En effet, les vaisseaux stationnés pourla défense de ce royaume se dirigèrent vers l’Égypte , et la plus grande partiedes forces anglaises s’embarqua à Lisbonne même pour cette nouvelle desti-nation. Ainsi le Portugal tomba tout à coup, par rapport à l’Angleterre, dansla même position où se trouvait au même moment le Danemarck par rapportà la Suède , et il se vit aussi abandonné.

Le premier consul avait intéressé à la coopération de l’Espagne l’amour-propre du prince de la Paix, favori tout-puissant auquel obéissaient le roi, la