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Toussaint l’envoyait attendre ses ordres à soixante ou à cent lieues de sa rési-dence , laquelle n était jamais déterminée pour un temps connu. Les espionsqu’il entretenait partout étaient aussi les muets de ce despote ombrageux , etgarantissaient le silence des instruments dont il se servait. 11 arrivait subite-ment au Cap quand on le croyait à Saint-Domingue . On n’avait jamais le tempsde le tromper ; on n’eut jamais la pensée de le trahir.
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L’existence politique de Toussaint datait du 22 août 1791, jour où la révolteexcitée par le nègre Jean François, dont il était le confident, dévoila la vasteconjuration ourdie contre la suprématie des blancs ; l’incendie des propriétésavait servi de signal au massacre des hommes de cette couleur; et Tous-saint s’était bientôt fait remarquer dans cette guerre d’extermination, fruitde ses trames secrètes : aussi le général Lavaux, envoyé à Saint-Domingue parla convention, ne s’adressa-t-il qu’à lui seul; et l’ambitieux esclave, abandon-nant Jean François, entra comme colonel au service de la république. Dès cemoment on cessa d’attaquer les blancs. Ts'on content d’avoir forcé les com-missaires de la convention à prononcer la liberté des noirs, Toussaint avaitdéjà résolu l’indépendance de sa pairie adoptive ; et quand il refusait de se