I) K NAPOLEON.
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soumcltrc à l’autorité des délégués de la métropole, c’était, disait-il, pour nepartager avec personne la gloire d'avoir conservé Saint-Domingue à la France .Débarrassé de la lutte étrangère et de la domination de la France , Toussaintne comptait déjà plus pour rival que Rigaud, chef des mulâtres; il le pour-suivit à toute outrance, et le força de s’embarquer. Il régnait sur la colo-nie, lorsque la révolution du 18 brumaire appela au consulat le général Bo-naparte . Confirmé par le nouveau gouvernement dans les fonctions de généralen chef, qu’il s’était attribuées malgré les commissaires français , Toussaint avaitréclamé la remise de la partie espagnole cédée à la France par le traité de Bâle ;bientôt, à la tête d’une nombreuse armée, il fit reconnaître sa puissance surtoute l’étendue de la terre de Saint-Domingue . Mais quand Toussaint put ap-précier la hauteur du pouvoir auquel le premier consul venait de s’élever, ilcommença à s’inquiéter de sa propre grandeur, et conçut, pour la conserver,l’idée de se rendre nécessaire à la mère-patrie et au premier consul ; dans cellevue, il voulut imiter Bonaparte . En conséquence, on le vit donner à l’ÎIc uneconstitution qui le nommait gouverneur à vie, avec la faculté de choisir sonsuccesseur; il fit ensuite accepter par les habitants ce pacte social, et en pres-crivit l’exécution en attendant l’approbation du gouvernement français , appro-bation que devait solliciter le colonel Vincent, chargé de présenter la nouvelleconstitution au premier consul : dès lors la perte de Toussaint fut jurée. Cepen-dant il avait créé aussi des biens nationaux provisoires, en mettant en fermages àbail les domaines des colons absents, s’en réservant une grande partie, et distri-buant le reste à ses généraux pour se les attacher. Cette conduite conciliait lesintérêts de la culture et du commerce avec ceux de la politique de Toussaint :plusieurs colons, rappelés par les heureuses conséquences de son administra-tion, étaient rentrés dans leurs propriétés. Sans doute il n'était pas d’une mé-diocre capacité celui qui, après s’être tant de fois baigné dans le sang des blancs,leur inspirait une telle confiance. Un ascendant si singulier éveilla les inquié-tudes du premier consul, qui jugea ne devoir pas perdre un instant pour arra-cher la colonie à un chef aussi habile.
Toussaint eut promptement avis de l’arrivée de la flotte française. Jugeantque cet immense armement lui apportait les hostilités, et reprenant tout à-couples souvenirs de la première insurrection qu’il avait dirigée, il ordonna de dé-fendre tous les lieux qui pouvaient être défendus, de brider ce qui ne pouvaitpas l’être, et se mit en route pour le Cap afin d’y proclamer la guerre à outrance.Un capitaine de frégate, porteur d’une lettre du premier consul pour Toussaint,et d’une proclamation du gouvernement, se présenta à la passe avec trois bâti-ments; les signaux de reconnaissance restèrent sans réponse, et le fort Picoletenvoya des boulets rouges au cutter qui pénétrait dans la passe. Ainsi donc,plus d'incertitude sur les résolutions de Toussaint. Le général Leclerc s’adressaà Christophe, qui commandait au Cap : l'officier chargé de la lettre revint avec