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de Saint-Pétersbourg à rompre avec la France . Le Divan, à l'instigation delàRussie, refusa aussi de reconnaître l’empereur Napoléon ; en sorte que le maré-chal Brune se vit dans la nécessité de quitter Constantinople , comme le généralllédouville Saint-Pétersbourg. Des flottes russes avaient franchi les Dardanelles et le Sund : elles menaçaient l’Italie , débarquaient des troupes aux îles Ionien-nes, et semblaient marcher de concert avec les flottes britanniques. Dans cetteconjuration de tant d’éléments hostiles, Napoléon se trouvait forcé de conquérir,sur la plus redoutable partie de l’Europe, le trône où la France venait de l’ap-peler. Mais, dans l’espoir sans doute que l’opinion de la nation anglaise, qu’ilsavait contraire à cette guerre toute de passion, pourrait entraîner le ministère,Napoléon donna encore un gage de ses intentions pacifiques, en renouvelant au-près du roi de la Grande-Bretagne la démarche généreuse et franche qui mar-qua les premiers pas de Bonaparte dans la carrière consulaire. Fin conséquence,il écrivit directement à ce prince, le 2 janvier 1805 :
« Monsieur mon frère, appelé au trône de France par la Providence et par les« suffrages du Sénat , du peuple et de l’armée, mon premier sentiment est un«vœu de paix. La France et l’Angleterre usent leur prospérité. Elles peuvent« lutter des siècles. Mais leurs gouvernements rempliront-ils bien le plus sacré« de leurs devoirs? Et tant de sang versé inutilement et sans la perspective d’un« but, ne les accuse-t-il pas dans leur propre conscience? Je n’attache point de« déshonneur à faire le premier pas. J’ai assez, je pense, prouvé au monde que« je ne redoute aucune des chances de la guerre ; elle ne m’offre d'ailleurs« rien que je puisse redouter. La paix est le vœu de mon cœur ; mais la guerre
« n’a jamais été contraire à ma gloire. Je conjure V. M. de ne pas se refuser
« au bonheur de donner elle-même la paix au monde : qu’elle ne laisse pas« cette douce satisfaction à ses enfants ! Car enfin, il n’y eut jamais de plus belle« circonstance, ni de moment plus favorable, pour faire taire toutes les passions« et écouter uniquement le sentiment de l’humanité et de la raison. Ce mo-
« ment une fois perdu, quel terme marquer à une guerre que tous mes
« efforts n’auraient pu terminer? V. M. a plus gagné depuis dix ans en terri-« toire et en richesses, que l’Europe n’a d’étendue ; sa nation est au plus haut« point de prospérité. Que peut-elle espérer de la guerre? coaliser quelques« puissances du continent? le continent restera tranquille. Une coalition ne« ferait qu’accroître la prépondérance et la grandeur continentale de la France .« Renouveler des troubles intérieurs? les temps ne sont plus les mêmes. Dé-« truire nos finances? des finances fondées sur une bonne agriculture ne se« détruisent jamais. Enlever à la France ses colonies? les colonies sont pour la« F’rance un objet secondaire, et V. M. n’en possède-t-elle pas déjà plus qu’elle« n’en peut garder? Si Y. M. veut elle-même y songer, elle verra que la guerre« est sans but, sans aucun résultat présumable pour elle. Eh ! quelle triste per-