Buch 
Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
Entstehung
Seite
277
JPEG-Download
 

DE N A DOLE ON.

Ü77

« sportive de faire battre les peuples pour qu’ils se battent! Le inonde est assez« grand pour que nos deux nations puissent y vivre , et la raison a assez de« puissance pour qu’on trouve les moyens de tout concilier, si de part et d’autre« on en a la volonté. J’ai toutefois rempli un devoir saint et précieux à mon.< cœur. Que V. M. croie à la sincérité des sentiments que je viens de lui expri-<( mer, et à mon désir de lui en donner des preuves. »

Celle généreuse démarche ne provoqua de la part du cabinet anglais qu’unefroide et insignifiante réponse ; sous la date du 14 janvier, lord Mulgrave écrività M. de Talleyrand :

« S. M. a reçu la lettre qui lui a été adressée par le chef du gouvernement« français , datée du deuxième jour de ce mois. 11 n’y a aucun objet que S. M.« ait plus à cœur que de saisir la première occasion de prouver de nouveau à« ses sujets les avantages d’une paix fondée sur des bases qui ne soient pas in->< compatibles avec la sûreté permanente et les intérêts essentiels de ses états.« S. M. est persuadée que ce but ne peut être atteint que par des arrangements« qui puissent en même temps pourvoir à la sûreté et à la tranquillité à venir« de l’Europe , et prévenir le renouvellement des dangers et des malheurs dans« lesquels elle s’est trouvée enveloppée. Conformément à ce sentiment, S. M.« sent qu’il lui est impossible de répondre plus particulièrement à l’ouverture« qui lui a été faite, jusqu'à ce qu’elle ait eu le temps de communiquer avec« les puissances du continent avec lesquelles elle se trouve engagée par des« liaisons et des rapports confidentiels, et particulièrement avec l'empereur de« ltussie, qui a donné les preuves les plus fortes de la sagesse et de l’élévation« des sentiments dont il est animé, et du vif intérêt qu’il prend à la sûreté et à« l’indépendance de l’Europe . »

Voilà la lettre qui décida du sort du monde européen . Cinq jours aprèscette réponse, le cabinet de Saint-James remettait à l’ambassadeur de Russie , àLondres , une note où il était proposé à son gouvernement de coopérera enleverà la France toutes ses conquêtes et à la réduire aux limites de 1792 , d’après l’as-surance que l’ambassadeur russe avait donnée de l’accord secret de la cour deVienne. Cependant les propositions de Napoléon trouvèrent sur les bancs de l'op-position anglaise un énergique protecteur dans son chef, l’orateur Fox. l)e soncoté, l’Empereur ordonna de communiquer ces propositions, ainsi que la ré-ponse de lord Mulgrave, aux trois corps de la législature. La franchise de cellecommunication porta au plus haut degré l’enthousiasme public, déjà exalté parla générosité de la démarche faite auprès de Georges 111. La guerre que sanc-tionnait ainsi l’opinion, la guerre devint, par ce nouveau refus du cabinet deLondres, le seul et légitime refuge de la France et de Napoléon .

Le 14 janvier, pour éterniser la création du Code civil, la statue de Napoléon,son fondateur, fut inaugurée au Corps-Législatif. Une pompeuse solennité con-sacra ce grand hommage national; elle eut lieu en présence de l’Impératrice,