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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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DE NAPOLÉON.

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pliées d'Italie : quarante mille hommes commandés par les maréchaux Jourdanet Bessièrcs l’attendaient au camp de Castiglione ; il y fit, comme à Marengo,une distribution solennelle de la croix d'honneur. Ensuite il visita Peschiera ,Vérone, l’imprenable Mantoue et la ville de Bologne . C’est là qu’il donna au-dience au marquis de Gallo, envoyé par le roi de Naples pour solliciter et ga-rantir la neutralité de ce prince, ainsi qu’à une députation du sénat de Luc-ques, qui demandait à la France un souverain. Peu de temps après, cettepetite république, érigée en principauté, devint l’apanage delà princesse Élisa,depuis grande-duchesse de Toscane. L'élat de Parme obtint aussi l’honneurd’être réuni au grand empire.

Le doge lturazza, l’archevêque de Cènes et une députation du sénat de cetterépublique, étaient venus à Milan demander la réunion de l’état de Cènes àl'empire français. Napoléon arriva à Cènes, suivi des ambassadeurs de Naples et de Portugal . Le plus imposant éclat accompagna la cérémonie de prise depossession de l’ancienne rivale de Venise . Ce fut à Cènes que le cardinal Maury,si célèbre par son opposition à la révolution française , fut admis en présencede Napoléon, qui lui accorda volontiers la permission de revenir à Paris .

Le 8juillet, l’Empereur était à Turin , et en repartit presque aussitôt au milieud’une manœuvre de la garnison. Il allait au-devant des nouvelles de la flotte deVilleneuve. ’l’roisjours après il était à Fontainebleau où il apprit le second com-bat de la flottille batave, qui, sous les ordres de l’amiral Verhucll, triompha,les 17 et 18 juillet, des efforts de la croisière anglaise . La flottille parvint à sadestination, au port d’Ambleteuse .

Pendant que Napoléon se couronnait à Milan , l’Angleterre, pressée parlesentiment profond du danger que lui faisait courir l’imminence de la descentedes Français , signait à Pétersbourg un traité dans lequel la Bussie s’engageait àlever, moyennant un subside de cinquante millions, une armée de cent quatre-vingt mille hommes, pour reprendre le Hanovre , affranchir la Hollande et laSuisse, rétablir sur son trône le roi de Sardaigne , obtenir l’évacuation duroyaume de Naples par l’armée française, et enfin pour donner en Italie unefrontière à l’Autriche : en un mot, l’Angleterre, qui avait rompu le traité d’A-miens, armait l’Europe contre celui de Lunéville .

Le 7 septembre, une armée autrichienne forte de quatre-vingt-dix millehommes, sous les ordres de l’archiduc Ferdinand, dont la tutelle militaire étaitconfiée au général Mack, envahit subitement la Bavière . La cour électorale deMunich fut forcée de se réfugier à Wurtzbourg . Quarante mille hommes, com-mandés par l’archiduc Jean, prirent position dans le Tyrol , et cent mille com-battants se dirigèrent vers l’Adige , sous les drapeaux de l’archiduc Charles.

Napoléon avait pénétré le dédale de la ténébreuse politique de l’Autriche . Ilconnaissait les engagements secrets de cette puissance avec l’Angleterre et laRussie , et il apprit ses mouvements militaires au camp de Boulogne, où il était

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