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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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Plus la haine se montrait violente au-dehors contre l'Empereur, plus ardentet plus passionné était l’enthousiasme de la France pour Napoléon . Un premierdécret ordonna la levée de quatre-vingt mille hommes sur la classe de 1806 , etun second la réorganisation des gardes nationales; car, dans les moments dedangers, les gouvernements, avertis par la nécessité, éclairés par le sentiment deleur salut, ont toujours eu recours, depuis quarante ans, à cette belle institutionqui fait la force des empires. Les gardes nationales se montrèrent fières d’ètrearrachées à leurs habitudes paisibles, et de prendre rang dans l’armée pour ladéfense du territoire.

Napoléon partit de Paris pour Strasbourg . Ce fut là qu’il reçut de tous sescorps d’armée les renseignements les plus satisfaisants. Déjà le prince Murat etle maréchal Lannes avaient passé le lthin, et opéré le mouvement à l’aide du-quel l’Empereur cherchait à faire croire au général Mack que nous voulions pé-nétrer en Souabe par les défilés de la Forêt-Noire. En même temps et d’un autrecôté, les maréchaux Nev, Soult et Davoust avaient marché, le premier surStuttgard, le second sur Heilborn, le troisième sur les hauteurs d'ingellingen.Les autres corps avaient suivi le mouvement général sur chaque point qui leurétait indiqué.

L’Empereur lui-même se trouvait le 1 er octobre sur la rive droite du Rhin ,après avoir adressé à son armée une de ces proclamations qui ont prophétisépendant quinze ans la victoire. L’électeur et les princes de Bade vinrent à Eltin-gen, au-devant de Napoléon, ainsi que l'électeur de Bavière , qui avait mis toutesses espérances en lui : la cour de Bade, malgré son penchant pour la Russie ,s’était vue obligée de transiger par un contingent de quatre mille hommes. Quantà l’électeur de Wurtemberg, Nev avait dù ouvrir à coups de canon les portesde Stuttgard. Napoléon employa quelques séductions auprès de l’électeur, con-clut avec lui un traité qui nous donna un corps auxiliaire de huit mille hom-mes, et gagna un allié dont la fidélité lui fut depuis toujours utile et jamaisonéreuse.

Pour assurer le succès du grand mouvement de son aile gauche, qu’il déro-bait aux ennemis, et séparer le général Mack des renforts autrichiens et russes qui accouraient vers lui, Napoléon dirigeait toutes ses divisions sur Nordlin-gen. Il fallait surtout que Bernadotte , avec un corps grossi des troupes gallo-bataves amenées par Marmont, marchât sur Wurtzbourg, où la cour de Mu-nich s’était réfugiée, y prît le commandement de l’armée bavaroise, forte devingt-cinq mille hommes, et manœuvrât dans la même direction cpie les autresdivisions. Le temps matériel manquait au maréchal pour se porter sur le Danube ,à Ingolstadt , à moins qu’il ne violât les possessions prussiennes en I'ranconie.Napoléon n’ignorait pas les mauvaises dispositions de la Prusse ; il sentait lesdangers de l’accession de cette puissance à la coalition. En conséquence, l’ordrede franchir le territoire d’Anspach et de Bareuth fut donné à Bernadotte en ces