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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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DE NAPOLEON .

'2Sô

ternies : « Traverser ces territoires, éviter d’y séjourner, faire beaucoup de pro-testations en faveur de la Prusse, témoigner beaucoup d'attachement pour« elle, le plus d’égards qu’on pourra ; puis traverser ses possessions avec rapidité,« en alléguantl’impossibilité de faire autrement, parce que cette impossibilité est« réelle. » Ces précautions, dictées par une raison prévoyante, et les explicationsde notre ambassadeur à Berlin , n’empêchèrent pas la Prusse de faire éclater sonmécontentement et ses menaces; elle ouvrit la Silésie et ses autres provincesaux troupes russes pour se rendre à leur destination.

Mack, doublement trompé, soit par les démonstrations de Napoléon , à l’en-trée des gorges de la Forêt-Noire, soit par la marche rapide et le rassemble-ment vers Stultgard des trois corps d’armée de la garde impériale, avait egale-ment ignoré le mouvement circulaire de notre aile gauche, composée des autrescorps, aux ordres des maréchaux Ney et Davoust. 11 apprit enfin que le gros del’armée française se portait sur le Danube : à cette nouvelle, il concentra sesforces autour de la ville d’UIin. Cent mille hommes de troupes françaises setrouvèrent le même jour sur la rive gauche du Danube , cl le passèrent au mêmeinstant, du 6 au 7 octobre, à Donawert, Ncubourg et Ingolstadt .

Le passage du Danube, l'occupation d’une partie de la Bavière , et la présenced’une armée française qui fermait derrière lui le cercle tracé par Napoléon ,frappèrent de stupeur le général autrichien ; il rassembla ses troupes à la bêtesur l’Iller, dans l’espoir de nous rejeter au-delà du Danube , et de se dé-fendre au moins jusqu’à l’arrivée de la première armée russe. Pour atteindrece but, il chercha à s'emparer du pont de Donawert avec un corps composé dedouze bataillons de grenadiers arrivés du Tyrol, et soutenu par quatre escadronsde cuirassiers d’Albert. Murat, en marche avec sept mille hommes de cavalerie,rencontra à Wertingen , à quatre lieues de Donawert, ce corps d'élite : il man-œuvra aussitôt pour l’entourer et lui couper la retraite. Un combat opiniâtres’engagea entre les Français et les ennemis ; enfin, renforcé par le général Oudi-not, venu de Donawert à son secours, Murat dispersa la division autrichienne etlui fit trois mille prisonniers. Au combat de Wertingen succéda le combat de(iunzbourg; en vain les Autrichiens résistent avec acharnement, en vain leprince Ferdinand est accouru pour soutenir de sa présence le courage des siensà défendre cette position, le maréchal Ney , secondé par l'héroïsme des troupes,s’empare du pont et de la ville après avoir fait douze cents prisonniers, enlevésix pièces de canon et tué deux mille hommes aux ennemis. A la suite de cetteaction, le général Dupont, à qui Baraguay d’Hilliers devait se réunir près d’Al-beck, pour se porter ensemble sur Ulm, arrive seul au hameau d’Hasslach ; iltrouve les escarpements de la place couronnés par une grande partie de l’arméeautrichienne : vingt-cinq mille hommes sont devant lui ; il n’en commande quesept mille. S’il recule un moment, il est perdu peut-être, lui et sa division : iln’hésite pas à aborder à la baïonnette les ennemis en marche pour l'envelopper.