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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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DE NAPOLEON .

2!)l

notre pouvoir. Les deux empereurs de Russie et d'Autriche contemplent ceteffroyable désastre des hauteurs d’Austerlitz : c’est dans la plaine de ce nomque s’achève la ruine de l’ennemi : écrasées par l'artillerie qui plonge sur elles,acculées à un lac glacé, ses divisions périssent, déposent les armes, ou se noienten voulant fuir sur la glace, qui se rompt sous leurs pas.

La victoire d’Austerlitz eut d’immenses résultats : vingt-i’ Russes tués

ou blessés, et vingt mille prisonniers; quarante drapeaux, parmi lesquels lesétendards de la garde impériale russe, deux cents pièces de canon, et tous leséquipages, tels furent les fruits de cette immortelle journée, qui reçut aussile nom de Bataille des trois Empereurs.

La fuite de l’année russe fut si précipitée, qu’elle laissa derrière elle les routescouvertes de canons, de chariots et de bagages. Dans la plupart des villages oùnous entrâmes en la poursuivant, on trouva les granges et les églises rempliesde blessés ennemis, abandonnés sans secours. Kutusoff avait eu soin de faireplacer seulement des écriteaux portant en langue française : Je recommandeces malheureux à la générosité de l’empereur Napoléon et à l'humanité de ses bravessoldats.

Parmi les généraux français, le brave général Valhubert fut le seul dont oneut à regretter la perte. II ne survécut que vingt-quatre heures à sa blessure ,pendant ses derniers moments il écrivit à l’Empereur, une lettre qui finissaitainsi : « Je ne regrette pas la vie, puisque j’ai contribué à une victoire qui« vous assure un règne heureux. Quand vous penserez aux braves qui vous« étaient dévoués, souvenez-vous de moi. II ine suffit de vous dire que j’ai une« famille, je n’ai pas besoin de vous la recommander.»

La générosité de l’Empereur envers les troupes cpii avaient combattu àAusterlitz fut grande comme la victoire. Il adopta les enfants de ceux quiavaient succombé; tous devaient être élevés aux frais de l’état; il leur permitde joindre à leurs noms celui de Napoléon . 11 accorda six mille francs de pen-sion aux veuves des généraux, deux mille quatre cents francs à celles des co-lonels et majors, mille deux cents francs à celles des capitaines, huit centsfrancs à celles des lieutenants et sous-lieutenants, et deux cents francs auxveuves des soldats. Quant à l’armée victorieuse, il la remercia par cette belleproclamation :

« Soldats!

« Je suis content de vous ; vous avez, à la journée d’Austerlitz , justifié tout« ce que j’attendais de votre intrépidité; vous avez décoré vos aigles d’une« immortelle gloire; une armée de cent mille hommes, commandée par les« empereurs de Russie et d’Autriche , a été, en moins de quaire heures, ou