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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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HISTOIRE

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« coupée ou dispersée : ce qui a échappé à votre feu s'est noyé dans les deux« lacs...

« Soldats ! lorsque le peuple français plaça sur ma tète la couronne impé-n riale, je me confiai à vous pour la maintenir toujours dans ce haut éclat de«gloire qui seul pouvait lui donner du prix à mes yeux; mais, dans le même« moment, nos ennemis pensaient à la détruire et à l’avilir, et cette couronne« de fer, conquise par le sang de tant de Français , ils voulaient m’obliger de« la placer sur la tête de nos plus cruels ennemis : projets téméraires et in-« sensés, que, le jour même de l’anniversaire de votre Empereur, vous avez« anéantis et confondus. Vous leur avez appris qu’il est plus facile de nous« braver et de nous menacer que de nous vaincre.

«Soldats! lorsque tout ce qui est nécessaire pour assurer le bonheur et la« prospérité de notre patrie sera accompli, je vous ramènerai en France . Là« vous serez l’objet de mes tendres sollicitudes. Mon peuple vous reverra« avec joie, et il vous suffira de dire : J’étais à la bataille d’Austerlitz , pour« qu’on vous reponde : Voilà un brave!»

Deux jours après la bataille, l’empereur d’Autriche vint saluer le vainqueurà son bivouac. « Je n’habite point d’autre palais depuis deux mois, lui ditNapoléon. — Vous savez si bien tirer parti de cette habitation, répondit Fran-çois II , qu’elle doit vous plaire. » Dans cette entrevue, les deux empereursconvinrent d’un armistice et des principales conditions de la paix future. Legénéral Savary alla instruire l’empereur de Russie de la capitulation conve-nue entre François et Napoléon . L’armée russe était cernée ; Alexandre sous-crivit aux conditions qui l’obligeaient à se retirer par journées d’étape, et àévacuer l’Autriche et la Pologne . En se montrant trop généreux dans cette cir-constance , Napoléon commit une grande faute qu’il ne tarda pas à se repro-cher, car il pouvait détruire et faire prisonnier le reste de l’armée russe. Uneconvention fut signée le 6 décembre, par laquelle on réglait la ligne des deuxarmées française et autrichienne en Moravie. La ville de Presbourg fut choisiepour la réunion des plénipotentiaires des deux nations.

La paix qui y fut signée termina cette glorieuse campagne et dénoua la troi-sième coalition. Par le traité de Presbourg, l’Autriche perdit les États Vénitiens ,qui firent désormais partie du royaume d’Italie, et le Tyrol, qui fut donné àla Bavière. Pour récompenser la fidélité des deux électeurs de Bavière et deWurtemberg, leurs états furent érigés en royaumes. Le margrave de Bade re-çut le titre de grand-duc ; Murat devint grand-duc de Berg, et Berthierobtintla principauté de Neufchâtel. Le prince Eugène, nommé vice-roi d’Italie , ethéritier présomptif de cette couronne dans le cas où Napoléon viendrait àmourir sans postérité, épousa la fille du roi de Bavière . Peu de temps après,Napoléon allait donner à son frère Joseph le royaume de Naples, et Louis allait