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était passée à son service, lui offrit dans cette journée même l'occasion de se re-poser des émotions d’une telle gloire, par un des plus beaux actes de clémencequi aient jamais honoré le caractère d’un souverain v ictorieux.
Le prince de llatzfeld, gouverneur de Berlin , et connu pour l’un desplus ardents provocateurs de la guerre, s’était empressé de présenter à l’Em-pereur tous les fonctionnaires civils et militaires de la capitale : « Ne vous« présentez pas devant moi, lui dit l’Empereur ; je n’ai pas besoin de vos ser-« vices ; allez vous retirer dans vos terres. » Peu de moments après, le princefut arrêté. Une lettre, par laquelle il instruisait le roi des mouvements de l’ar-mée française, avait été interceptée et remise à l’Empereur. Le crime de tra-hison était suffisamment prouvé; une commission militaire allait juger le cou-pable, quand la princesse de llatzfeld vint se jeter aux genoux de Napoléon ,et protester que son mari était incapable d'une telle perfidie : «Vous connais-« sez son écriture, dit Napoléon en lui présentant la lettre du prince : jugez-le« vous-même, Madame. » La princesse lut la lettre et tomba évanouie. L’étatde grossesse avancée où elle était ajoutait encore au malheur comme à l’inté-rêt de sa situation, qui avait vivement ému l’Empereur. Des secours furentprodigués à la princesse, qui revint à elle. «Tenez, Madame, lui ditNapoléon ;« cette lettre est la seule preuve que j’aie contre votre mari : jetez-la au feu. »Ainsi fut sauvé le prince de llatzfeld.
Chacune des journées de cette étonnante campagne fut marquée par plu-sieurs succès. Le 28 octobre, le grand-duc de Berg lit capituler au combat dePrentzlowle prince de llohenlohe, qui avait succédé dans le commandement auvieux duc de Brunswick. Ce prince défila devant le général français à la tètede seize mille hommes d’infanterie, de six régiments de cavalerie, élite de l’ar-mée prussienne, avec soixante pièces de canon et quarante-cinq drapeaux. Cettecapitulation ne fut pas signée sans des mouvements de fureur et d’indignationde la part des Prussiens ; mais, cernés de tous côtés, il fallait périr jusqu’audernier ou se rendre, et leur chef ne crut pas devoir immoler plusieurs mil-liers d’hommes à sa gloire personnelle. La forte ville de Stettin capitula avecune garnison de six mille hommes et cent soixante pièces de canon , entre lesmains du général Lasalle, à la tête de quelques escadrons. Custrin se rendit aumaréchal Davoust avec quatre mille hommes, quatre-vingt-dix pièces decanon, et nous donna tout le cours de l’Oder . Chaque jour ravit au roi dePrusse une division ou une armée, une position militaire ou une forteresse.
Cependant le général Blücher avait trouvé le moyen de réunir sa divisionaux divisions commandées par le duc de Brunswick-Oels et par le duc de "Wei-mar, qui retournait dans ses états. Blücher avait en outre rassemblé une quantitéde petits corps, et voulait essayer de s’ouvrir un passage pour aller à G raudentz,où le roi était encore à la tête de quinze mille hommes; mais il n’avait pu sesoustraire à la poursuite combinée du grand-duc de Berg et des maréchaux