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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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308
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l'attaque formée par le maréchal Augereau, le mouvement île la division SaintHilaire pour seconder la marche du maréchal Davoust sur le Serpallen, déga-gèrent notre gauche. En ce moment, une neige épaisse, poussée avec violencepar le vent du nord, obscurcit tout à coup l’horizon ; les Français , qui larecevaient en face, en étaient aveuglés. Pendant cette nuit soudaine, les co-lonnes du maréchal Augereau perdirent leur point de direction, et se trouvantaux prises avec l'aile droite des Russes , commandée parle général Tutschukow,leur centre et la réserve du général Doctorow eurent beaucoup à souffrir.Augereau, grièvement blessé, fut emporté du champ de bataille. Aussitôt qu’ils’aperçut des conséquences d'un accident aussi imprévu, Napoléon ordonna augrand-duc de Berg et au maréchal Bessièrcs de prendre soixante-dix escadronsde cavalerie pour les lancer sur le centre de l'ennemi. La cavalerie russe fut cul-butée au premier choc de cette masse énorme ; le grand-duc et le maréchal firentalors charger l’infanterie. Deux lignes russes enfoncées d’abord, deux fois traver-sées, abandonnèrent leur artillerie; il y eut là une mêlée affreuse, et une perteimmense pour l’ennemi. Il se rallia pourtant à la troisième ligne et se déploya ;une de scs colonnes, forte de quatre mille hommes, qui pendant l’obscurité s'étaittrop approchée du cimetière d’Eylau, au moment d’attaquer, s’arrêta tout à coupdevant un bataillon de la garde qu’avait envoyé Napoléon ; abordée à la baïon-nette par ce bataillon, chargée en tête par l’escadron de service de l’Empereur,et en queue par le grand-duc de Berg, elle périt presque tout entière. Pendantcette lutte, le maréchal Davoust, ayant manœuvré pour tourner la gauche del’ennemi, parvint, après un combat long et meurtrier, à occuper les hauteursdu village de Ivlein-Sansgarten. L’action n’était pas moins vive en avant duSerpallen, entre les Russes et la division Morand, que le général Saint-IIilairedevait soutenir par une attaque de flanc. Tour à tour assaillis et assaillants, lesRusses nous cédèrent enfin l’avantage. Dès lors le maréchal Davoust put exé-cuter les mouvements prescrits par l’Empereur pour envelopper et renverserl’aile gauche de l'ennemi, et le sort de la bataille fut décidé. Beningsen main-tenait toutefois sa position en face d'Eylau ; mais les progrès de l’aile droite desFrançais rendaient cette position périlleuse, et d’ailleurs il avait employé toutesses réserves, tandis que celles de Napoléon étaient intactes et n’avaient pas. tiréun coup de fusil. Les ennemis ne songeaient plus qu’à assurer leur retraite, lors-que le corps prussien du général Lestocq, dont le maréchal Ncy avait retardél'arrivée sur le champ de bataille jusqu’à quatre heures du soir, vint se joindre àleur droite et prévenir leur ruine, mais non pas leur défaite ; ce nouveau com-bat ne fit que montrer la valeur, la constance des Russes , et la supériorité desFrançais. Vers les huit heures du soir, Napoléon ordonna d’allumer sur toutela ligne des feux de bivac, qui semblaient éclairer et constater sa victoire. Legénéral Beningsen fit un dernier effort pour soutenir d’abord et ensuite déga-ger son aile droite, que débordait le maréchal Ney ; mais bientôt cette aile, mise