I)K NAPOLÉON.
307
prise de cette ville, que les Russes défendirent avec acharnement depuis la ma-tinée du 7 jusqu’à dix heures du soir, annonçaient assez qu’un engagementgénéral ne pouvait tarder plus longtemps. En effet, le 8, les deux années setrouvaient en présence, à demi-portée, de canon l'une de l’autre. Au pointdu jour, les Russes , au nombre d’environ quatre-vingt mille hommes, occu-paient des hauteurs hérissées d’artillerie; les Français , inférieurs en nombre,et dans une position moins avantageuse, ne pouvaient déboucher et développerleur ligne que sous le feu des batteries ennemies. Reningsen, ayant disposé endeux colonnes les troupes du centre de sa ligne et celles de sa réserve, enga-gea Faction par un grand feu d’artillerie dirigé contre Eylau , qu’il parut vou-loir enlever. Napoléon , toujours au poste du danger, suivant sa coutume dans
les graves circonstances où sa présence était surtout nécessaire, fit avancerquarante pièces de canon de sa garde qui répondirent à l’ennemi. Celte canon-nade, très-meurtrière pour les deux partis, fut soutenue avec une admirableconstance par les Russes et les Français . Le dessein de l’Empereur était d’en-velopper l’aile gauche de l’ennemi, appuyée aux villages de Serpallen et deSansgarten. I)e son côté, Beningsen , comptant sur sa formidable artillerie, tentade manœuvrer par sa droite et d’emporter la ville d’Eylau ; mais l’audace de nostroupes à se déployer sous le feu plongeant de ses batteries, et, bientôt après.