Buch 
Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
Entstehung
Seite
314
JPEG-Download
 

Il I ST0 I U K

:ii't

la frontière russe, appartient encore : il n'a plus d’autre royaume, et c’eslavec cette faible couronne qu’il marche à la suite des deux empereurs; ilcherche à se confondre dans la foule des généraux de Napoléon , qui ont su levaincre et qui savent le respecter. Cependant , fidèle à l’alliance que le mal-heur a transformée en une courageuse amitié, Alexandre ne perd pas de vuele prince dont il est la sauvegarde, et il a pu faire admettre son allié devant lesouverain que celui-ci a si justement provoqué. Mais Napoléon aime à accorderà Alexandre l’amnistie de Frédéric-Guillaume , et le traité de Tilsitt est conclu.Remis en possession de la moitié de ses états, le roi de Prusse reprend une placeparmi les souverains.

Alexandre reconnut les couronnes de Louis, de Joseph et celle de Jérême.pour lequel un royaume de Westphalie, formé des états de Hesse-Cassel , d’unepartie de ceux de la Prusse, de ceux du Brunswick, de Paderborn, de Fulde ,d’une partie de l’électorat de Hanovre , vient d’étre improvisé. Il y a plus defaiblesse que de vanité dans l’élévation des frères de Napoléon . Cet homme, siterrible contre les rois armés, soumet sa politique et son caractère à ce qu’ilappelle les devoirs de famille. Enfin ses frères sont rois de l’aveu d’Alexandre ;ce prince fait plus, il a reconnu le roi de Saxe grand-duc de Varsovie, et Na-poléon protecteur de la confédération du Rhin. Mais le blocus continental futle plus important objet, et la condition essentielle du traité de Tilsitt.

Après vingt jours d’entretiens confidentiels entre Alexandre et Napoléon , lesdeux monarques se séparèrent, et l’Empereur revint à Paris . Des fêtes magni-fiques accueillirent dans la capitale le retour des soldats de la garde impériale,dignes représentants de la grande armée. Un arc de triomphe d’une proportiongigantesque, et sous lequel vingt hommes pouvaient aisément passer de front,fut élevé près de la barrière par laquelle ils devaient entrer dans la capitale.Dès le matin, une foule immense s’était portée à leur rencontre; des cris d’en-thousiasme annoncèrent, vers le milieu du jour, l’approche de ces braves, sousles ordres du maréchal Bessières. Le corps municipal de la ville de Paris s’a-vança à leur rencontre, et le préfet de la Seine, d’une voix émue, leur parlaen ces termes :

« Héros d’Iéna, d’Eylau, de Friedland, conquérants de la paix, grâces im-<c mortelles vous soient rendues !

« C’est pour la patrie que vous avez vaincu, la patrie éternisera le souvenir« de vos triomphes ; vos noms seront légués par elle, sur le bronze et sur le« marbre, à la postérité la plus reculée, et le récit de vos exploits, enflammant« le courage de nos derniers descendants, longtemps encore après vous-mêmes,• « vous protégerez, par vos exemples, ce vaste empire si glorieusement défendu« par votre valeur.

« Braves guerriers, ici même un arc triomphal dédié à la grande armée s’é-