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im'me à sa disposition l’armée espagnole , en stipulant l’envoi, sur les côtes de laBaltique , de vingt-deux mille hommes de leurs meilleures troupes, sous lesordres du marquis de la Romana, et l’introduction en Espagne de trente millehommes de troupes françaises, destinées en apparence à agir contre le Por-tugal , mais en réalité à assurer l’invasion de la Péninsule. Ce fut là le traitéde Fontainebleau .
Le Portugal seul, en Europe , était resté accessible à l'influence directe de laGrande-Bretagne. Dans les premiers jours de septembre, la cour de Lisbonne avait reçu de celle des Tuileries la proposition formelle d’adhérer au blocuscontinental, ou, en cas de refus, de s’attendre à être traitée comme ennemiede la France . Depuis le mois d’août, une armée de vingt-cinq mille hommesétait réunie à Bayonne , sous le nom de corps d’observation de la Gironde,commandée en chef par Junot. Le 18 octobre 1807, cette armée passa la Bi-dassoa, et, quinze jours après, prit ses cantonnements à Salamanque .
Cependant la cour de Lisbonne , malgré les notes menaçantes de l’ambassa-deur français, attendait sans s’émouvoir le coup mortel. Pour l’arracher àce sommeil léthargique, le cabinet de Londres se hâta d’armer une escadredont le commodore Sydney-Smith eut le commandement. Mais Napoléon donna à Junot l'ordre d’entrer en Portugal , de marcher, sans s’arrêter un seuljour, droit à la capitale, et de la saisir avant l’arrivée des Anglais . Junot rem-plit exactement cette mission. Il ébranla son armée en répandant le bruitqu’elle faisait partie d’une expédition préparée contre Gibraltar ; et il la trans-porta en cinq jours à Alcantara . Là, toujours avec la même rapidité, il fran-chit l’IIerjas, ruisseau qui sépare les deux royaumes, et il s’avança sur Abrantès .Pendant cinq jours, l’armée parcourut un pays désolé et stérile. La pluie necessa d’embarrasser sa marche, et le débordement des affluents du Tage arrêtales convois et l’artillerie. Les vivres manquèrent, et 'l’on ne put subsister qu’enarrachant aux rares habitants de cette malheureuse contrée leurs chétives pro-visions. Enfin on atteignit Abrantès sans rencontrer un seul soldat portugais .Junot réorganisa sur-le-champ, dans cette ville, un corps de 7 à 8,000 hom-mes, et prit position à Punhète. Là, il somma de livrer Lisbonne le ministèreportugais , qui savait à peine que le territoire était envahi.
Le même jour, la flotte britannique parut à l’embouchure du Tage , dontl’entrée lui fut refusée. La cour, espérant enfin satisfaire aux exigences del'Empereur, s’était décidée à rompre avec l’Angleterre. A cet acte de faiblesse.Sydney-Smith répondit par des hostilités immédiates. Une incroyable confusionrégnait à Lisbonne ; placé entre deux périls, on ne sut point choisir. Aucune me-sure n’avait été prise; cependant 10,000 hommes de garnison, secondés parl’élan d’une ville de 200,000 âmes et par le débarquement des troupes anglaisesqu’on attendait d’un instant à l’autre, offraient de puissants moyens de rési-stance. Niais telle était alors la terreur inspirée par les armes françaises , qu’à
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