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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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l'injonction de Junotces ressources s’évanouirent, et la famille royale donna aumonde un effrayant spectacle. On la vit quitter son palais, gagner en larmes lerivage, et s’embarquer à bord des vaisseaux anglais . On sut qu’elle abandonnaitl’Europe pour le Brésil , et tout un peuple, ému de tant de détresse, ne trouvarien à lui offrir que de stériles vœux.

Aussitôt son départ , Junot n’hésita pas à pousser en avant, sans canons,sans bagages, sans munitions. Les pluies continuaient; les neuves, sortis de leurlit, couvraienttouteslesroutes.il était impossible de marcher en ordre, et quinzecents soldats, au plus, avaient gardé leurs rangs, lorsqu’à la nuit on parvint

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aux portes de la ville. 11 fallut payer d'audace: le lendemain, cette poignéed’hommes, harassée par la pénible course qu’elle venait de hasarder, fit sonentrée à Lisbonne au milieu d’une immense population stupéfaite de tant dehardiesse. La flotte anglaise s’éloigna ; les divisions espagnoles, se portant dansles Algarves et sur le Duero , complétèrent l’occupation du littoral de tout leroyaume. Mais ce n’était là que le prélude des grandes scènes qui allaient sepasser dans le reste de la Péninsule, et amener une série d’événements impos-sibles à prévoir.

Le 3 octobre de cette même année, l'héritier de la couronne d’Espagne , leprince des Asturies, fut tout à coup arrêté comme chef d’un complot tendant àdétrôner le roi son père. Le roi Charles IV faisait en même temps présenter à