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Charles IV ajoutait : « En conséquence de ces lettres, et à la prière de la« reine, mon épouse bien-aimée, je pardonne à mon fils, et il rentrera dans ma« grâce dès que sa conduite me donnera des preuves d’un véritable amen-« dement dans ses procédés...»
Ces documents n’ont pas besoin de commentaires. 11 est facile de deviner lepersonnage qui a dicté les résolutions du roi, ainsi que les deux lettres par les-quelles Ferdinand a demandé grâce. Ces pièces suffiraient pour faire connaîtreet la famille royale et le gouvernement d’Espagne à cette époque.
Voici ce qui avait précédé et amené cette triste situation. La haute faveurdont jouissait Manuel Godov, d’une part, et, de l’autre, les intérêts prévoyantsqui s’attachent à la fortune de tout prince destiné au trône, avaient créé deuxpartis à la cour d’Espagne : celui du prince des Asturies, et celui de Charles IV et de son favori, qu’on aurait pu appeler le parti de la reine; car Charles IV était gouverné par son épouse. M. de Beauharnais, ambassadeur de France àMadrid , partageait hautement avec Ferdinand et la cour l’animadversion queGodov s’était attirée en usurpant et en avilissant l’autorité royale. Son caractèred’ambassadeur accrédita pour ainsi dire une sorte de proscription publiquecontre le favori, et d’étranges conjectures résultèrent de ses discours. On par-lait même assez ouvertement du mariage du prince des Asturies avec une niècede l’ambassadeur, projet qui tenait à un plan plus étendu, dont il ne formaitque le principe. Une fois ce mariage approuvé par Napoléon , vers lequel de-meuraient constamment lixées les espérances des deux partis et celles de lanation, on nommait déjà le ministère nouveau qui devait être installé aprèsl’exil de Godoy ; on allait même jusqu’à penser que le roi abdiquerait en fa-veur de son fds.
Le prince de la Paix, qui savait tout, ne s’alarmait point, recevait de sonnégociateur à Paris , Isquierdo, des renseignements qui le tranquillisaient.Le traité de Fontainebleau ne contribuait pas peu à le rassurer contre ses en-nemis. Mais il comprit que pour la sûreté de son pouvoir il fallait que le princedes Asturies succombât. Se croyant certain de la puissante amitié de Napoléon ,il résolut de tout oser. En même temps les conseillers de Ferdinand, pressésd’accomplir leur dessein, et s’appuyant sur l’assentiment que l’ambassadeur deFrance semblait leur donner, firent écrire par le prince des Asturies, le 11 oc-tobre, une lettre dans laquelle il demandait à Napoléon l'honneur de s’allier ci unepersonne de son auguste famille : « ... J’implore avec la plus grande confiance la« protection de V. M., disait-il, afin que non-seulement elle daigne m’accorder« l’honneur de m’allier à sa famille, mais qu’elle aplanisse toutes les difficultés.« et fasse disparaître tous les obstacles qui peuvent s’opposer à cet objet de« mes vœux. Cet effort de bonté de la part de Y. M. I. m’est d’autant plus« nécessaire, que je ne puis pas de mon côté en faire le moindre, puisqu’on Je« ferait passer peut-être pour une insulte faite à l'autorité palernelle, et que