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Tout à coup la nouvelle se répand que, envahies contre le droit des gens,l’ampelune et Barcelone ont été occupées militairement par l’armée française ,(’-ette armée, destinée pour le Portugal et pour une expédition contre Gibral-tar, reçoit subitement l’attitude d’une armée d’invasion en Espagne . Surprisedans la sécurité du traité de Fontainebleau et de la convention qui a placé, enDaneinarck, les quinze mille hommes du marquis de la Romana sous les aiglesde Napoléon, l’Espagne va bientôt sortir de la stupeur qui la saisit au bruit destroubles qui sont près d’agiter sa capitale. Elle va se trouver placée en un mo-ment entre la guerre qui éclate encore line fois dans le palais de ses rois, etcelle qui enlève ses forteresses. Figuières et Saint-Sébastien ont éprouvé lesort de Pampelunc et de Barcelone . Le grand-duc de Berg, général en chef,dirigeait cette invasion dans un pays ami.
Au commencement de 1808, l’Espagne était toute française, ou plutôt toutenapoléonienne. Par ses victoires et ses grands actes d’administration l’Empereuravait conquis l’admiration de cette nation enthousiaste. Les dissensions inté-rieures de la famille royale n’avaient pas peu contribué à cette disposition dupeuple espagnol, qui regardait Napoléon comme l'arbitre de sa destinée. Sonvoyage à Madrid avait reçu de l’impatience des peuples de ce royaume une sortede certitude officielle. L’armée de réserve de la Gironde avait reçu le nom d'arméelibératrice. On supposait qu’elle renfermait les corps de la garde impériale, ce quiconfirmait la nouvelle de l’arrivée prochaine de Napoléon . Cette armée était en-trée parles deux portes de Perpignan et de Bayonne ; des arcs de triomphe avaientété élevés dans toutes les villes, et même dans les plus petits villages, sur la routequ’elle devait suivre jusqu’à l’embranchement de celle qui de Burgos conduità Madrid . Un enthousiasme qui prouvait toute la misère de la nation avait faitaffluer sur le passage des troupes impériales une foule immense d'habitants, ac-courus des provinces voisines pour voir le héros dont la protection était deve-nue si populaire. Ce sentiment exerçait tant de puissance sur lesPZspagnols, quela surprise de Pampelune , de Mont-Jouy, de Saint-Sébastien, de Figuières, deBarcelone , ne put ébranler leur confiance, et qu’ils acceptèrent sans arrière-pensée les explications des généraux français relativement à la nécessité d’as-surer les derrières de l’armée. D’ailleurs on s’entretenait publiquement d’uneexpédition en Afrique et du siège de Gibraltar ; ce projet, dans l’état d’animo-sité des Espagnols contre l’Angleterre, ne contribuait pas faiblement à exalterencore en faveur des Français l’esprit de la multitude.
Au palais d’Aranjuez la scène était différente: le prince de la Paix, c’est-à-dire la famille royale et le gouvernement, avait subitement perdu toute espérance:le retour de l’agent Isquierdo avait produit ce terrible changement. Celui-ci an-nonça qu'il n’était plus question du traité de Fontainebleau, que l’Empereurexigeait la réunion à l’empire des provinces de la rive gauche de l’Èbre , déjàoccupées par l'armée française, et que cette cession serait compensée par celle