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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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DE NAPOLÉON.

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du Portugal . Godoy, qui, de la grande faveur où il se croyait dans l'esprit del’Empereur, se trouvait tout à coup réduit à lui-méme; Godoy, qu’obsédait enoutre un redoublement d'inimitié de la part des principaux personnages de l'étatet de la population de la capitale, effrayé du triomphe de Ferdinand, à qui ilse voyait publiquement sacrifié, conseillé de plus, dit-on, par Isquierdo, Godoyse détermina à faire suivre l’exemple de la cour de Lisbonne à celle de Madrid ,et à aller se réfugier avec elle dans l’empire que Cortès avait fondé en Améri-que . Du consentement de la reine à celui du roi le passage fut prompt ; lacrainte de tomber sous le pouvoir de Ferdinand décida le départ. En sa qualitéde généralissime, le prince de la Paix expédia secrètement l’ordre à divers corps,qui protégeaient par leur marche sur le Portugal l’invasion française, de rétro-grader et de s’échelonner sur la route de Madrid à Cadix , où l’embarquementde la famille royale devait s’opérer. La cour habitait à Aranjuez ; mais, soit in-discrétion, soit trahision , le secret du voyage du roi cessa bientôt d’en être undans cette résidence et à Madrid . On apprit aussi que, sous prétexte de ma-nœuvres militaires, dont l’usage s'était perdu depuis longtemps, des*troupesallaient se rassembler à Aranjuez . Le conseil suprême de Castille voulut aumoins retarder le mouvement de ces troupes, et adressa au roi de vives remon-trances, en le suppliant de ne pas quitter sa capitale; ce fut inutilement : lestroupes marchèrent la nuit sur Aranjuez . Alors seulement Godoy, instruit de ladisposition des esprits, s’avisa de redouter pour lui-même la présence des forcesdont il avait pressé l’arrivée malgré les représentations du conseil suprême. Onrépandit à profusion une proclamation qui démentait le bruit du départ du mo-narque. Mais le peuple ne répondit à ces publications que par le cri de : Mortà Godoy! Une foule de paysans armés, renforcés d’une partie de la populationdelà capitale et de toute celle d’Aranjuez , affluèrent subitement dans cette ré-sidence. Les troupes, depuis longtemps indisposées contre Godoy, dont la do-mination leur était également insupportable, s’unirent avec les habitants. Tousaccusaient Godoy d’avoir appelé en Espagne les bataillons français . Le roi fit pu-blier une autre proclamation par laquelle, après avoir remercié ses sujets deleur noble agitation, il leur disait : « Sachez que l’armée de mon cher allié,« l’empereur des Français , traverse mes états avec des sentiments de paix et« d’amitié. Elle a pour but de se porter sur les points menacés d’un débarque-« ment de l’ennemi (des Anglais ). La réunion d’un corps de ma garde n’a pour« objet ni de défendre ma personne, ni de m accompagner dans un voyage que« la malignité vous a fait supposer nécessaire. »

Cette seconde proclamation fut encore plus mal accueillie que la première.Le peuple, persuadé que Godoy avait invoqué le secours du prince Murat dontl’armée s’approchait de Madrid , résolut de sacrifier le favori à sa vengeance,dût le roi lui-même descendre d’un trône que Godoy souillait chaque jour parla plus indigne usurpation. Le 17 mars, h quatre heures du matin, la foule se

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