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grossirent ses troupes ; il pénétra dans la ville, s'occupa aussitôt de sa défense, etmit en batterie cent pièces de gros calibre. Le corps de Schill s’élevait déjà àsix mille hommes, mais il lui fut impossible d’entrer en communication avec laflotte anglaise . Le général Gralien , à la tète d’une division hollandaise de deuxre cents hommes, augmentée de mille cinq cents Danois, avait suivila marche du fugitif. Le 31 mai, Gralien se trouvait devant Stralsund , dont ils'empara de vive force par escalade. Le combat continua dans les rues; Schillfut tué, et une partie de sa troupe passée au fil de l’épée : le reste se dispersa.Les Anglais eurent le spectacle de la prise de Stralsund : ils arrivèrent quandGratien y entrait. Quelques heures de résistance de plus de la part de Schill,Stralsund devenait, par lesecours de l’escadre anglaise, une des plus importantesplaces d’armes de la coalition. Pendant que Schill quittait la Saxe , le duc deBrunswick, qui avait perdu à Iéna son père et ses états, devenus provincewestphalienne, pénétrait dans ce royaume avec un corps prussien qu’il avaitlevé à Nachold pour le compte de l'Autriche . Le général prussien Thielmann,fidèle alors à la cause de la France , marcha contre lui, et le força de se re-tirer en Bohème par Zittau .
Cependant l'archiduc Ferdinand n’était pas plus heureux en Pologne queles agitateurs de l’Allemagne , avec lesquels il tâchait de faire correspondreses mouvements. Le jour où Poniatowski entrait à Lublin , l’archiduc se pré-senta devant Thorn, qu’il attaqua vivement, mais en vain, sur les deux rivesde la Vistule. Il perdit beaucoup de monde, et dut se rapprocher de Varso-vie . Dombrowski, dont le nom se rattache aux combats de la liberté dans sonpays, et à ceux de la république française, et Zayoncheck, ancien aide-dc-campdu général en chef de l’année d’Orient, vinrent prendre part à cette luttepatriotique. Sokoiniki fit capituler la garnison autrichienne de Sandomirz,qui perdit deux mille deux cents prisonniers. Zamosz futeidevéede vive forcepar le général Pelletier, qui prit deux mille hommes et soixante pièces decanon. Lemberg ouvrit ses portes. De tels triomphes enflammèrent les habi-tants. Poniatowski envoya alors au prince Gallitzin le général Pelletier, chargéde l’inviter à marcher de concert avec les Polonais contre l'archiduc. Gallitzindonna à Pelletier un ordre qui prescrivait au général Suwarow de se portertout de suite en avant. Suwarow répondit franchement au général Pelletier qu'ilne voulait pas passer pour un lèche à ses yeux, et qu’un aide-de-camp de Gal-litzin, arrivé depuis une demi-heure, lui avait dit de regarder cet ordre commenon avenu. Le 30, Ferdinand quitta Varsovie , et vint mettre le siège devantSandomirz, qu’il fit attaquer dans la nuit du 15 au IG par dix mille hommes.Sokoiniki défendit la place, tua quinze cents Autrichiens, mais se voyant sansmunitions, menacé d’un nouvel assaut, il capitula et rejoignit Poniatowski. Lemouvement des Russes avait commencé le h juin seulement. La guerre de Po-logne offrit dès lors un aspect singulier. Les Autrichiens abandonnèrent aux
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