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Il ISTOIRE
Russes les pays qu’ils ne pouvaient pas garder, ta ville de Lemberg , repriseet évacuée, fut remise à Suwarow , qui eut l'air de l’avoir enlevée.
Le Tyrol, antique possession de la maison d’Autriche , sous laquelle il avaitjoui pendant plusieurs siècles de tous les avantages d’un gouvernement vrai-ment paternel; le Tyrol, concédé à la Bavière par le traité de Presbourg , avaitle premier levé l’étendard de l’insurrection. La conspiration dans cette contréeportait l’empreinte du caractère sauvage de ses habitants. Elle se ressentitaussi du fanatisme religieux qui dominait la population ; fomentée par lesmoines et les prêtres, elle se montra perfide et cruelle. Les Tyroliens étaientla seule armée que la cour de Rome pouvait opposer en Allemagne à Napoléon ,et le peuple entier se leva, non en haine du gouvernement doux et éclairé dela Bavière, ni pour les intérêts politiques de l’Autriche , mais uniquement con-tre Napoléon , que le Vatican avait excommunié. Cette crise, toute populaire,marcha sous la devise des croisades : Dieu est avec nous. Ses principaux acteursfurent un aubergiste ctuncapucin: le premier, André Hofer, espèce d’Uerculefanatique, exerça tout d’abord, par sa stature athlétique et par l’exaltation desa piété, un grand empire sur ses compatriotes. Aux approches de la guerre, ilétait allé à Vienne , où on l’avait accueilli comme le libérateur futur de sa pa-trie. Le Voralberg , séparé du Tyrol par la seule vallée de l’inn, égalementenlevé à l’Autriche , s’unit à la même cause. Les signaux parurent subitementallumés sur les rochers, dans les premiers jours d’avril. La Bavière , se re-posant sur la lidélité de ses nouveaux sujets, n’avait dans le Tyrol que cinqbataillons disséminés à lnspruch, à Brixen , à Trente, à Jüifstein, et quelquescentaines de chevaux. Napoléon lui-même était si éloigné d’avoir la moindreinquiétude au sujet des Tyroliens, dont il avait oublié la complicité lors desPâques vénitiennes, pendant sa première campagne d’Italie , qu’il faisait traver-ser leur pays par quatre mille conscrits en deux détachements. Le 8 avril,jour où l’armée autrichienne commença son mouvement, une insurrectiongénérale éclata dans le Tyrol. Partout les Bavarois sont assaillis; partout ilstombent les armes à la main sous les coups de leurs amis de la veille. Ins-pruck est forcée et prise par vingt mille paysans : cette journée coûta beau-coup de sang ; les officiers et les soldats bavarois, au nombre de quinze centsenviron, succombèrent presque tous. Surpris dans une route de montagne,l’un des deux détachements français mit bas les armes, l’autre parvint par soncourage à se frayer un chemin, et arriva à Trente. En quatre jours les Tyro-liens ont délivré leur pays tout entier. Ils firent six mille prisonniers, dontdeux mille Français . Le reste des Bavarois périt, soit pendant, soit après l’ac-tion ; car de lâches et féroces assassinats complétèrent le carnage d’Inspruck .Hofer y fit son entrée entre deux capucins. Un promena la statue de la Viergesur un char attelé de quatre chevauxblancs, et la fête du Sacré-Cœur de Jésus,qu’on retrouve dans toutes les révolutions où le fanatisme domine, fut instituée