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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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l'effort de l'artillerie ennemie, s'élève un pont de soixante-dix toises ; de nou-velles troupes s’y précipitent. L’îlc était prise, et fut aussitôt armée de plusieursbatteries.

Kien n’arrêtait plus l’exécution du plan que Napoléon avait mûri pour uneaffaire décisive, pendant le repos deScliœnbrunn. L’ordre est donné aux trou-pes qui occupent Ivomorn, (îralz, Lintz, de rallier la grande armée. Le 4,dans la nuit, tous ces corps étaient réunis et formaient cent cinquante millehommes, avec quatre cents pièces de canon. La nuit du 4 au 5 fut employéeau passage de toute l’armée. Le feu continuel de cent-neuf pièces de gros ca-libre, joint aux roulements de la foudre et aux sillonnements des éclairs, an-nonça et montra à l’archiduc la route que Napoléon s’était réservée. Enfin lesoleil se leva dans tout son éclat, et l’armée se rangea fièrement en bataille surla rive gauche du fleuve. Les plaines deMarchfeld étaient le théâtre où le sortde l’Autriche allait se décider encore, une fois. Napoléon avait employé toutecette terrible nuit à diriger lui-même, à pied, le passage de ses colonnes surtous les ponts. Aux premiers rayons du jour il était à cheval, parlant à sonarmée. Les deux masses s’observèrent pendant quelque temps. A midi, Na-poléon se porta en avant; bientôt l’archiduc vit tous ses ouvrages tournés, eldut évacuer Enzcrsdorf, qui ne tarda pas à paraître en flammes. Les villagesd’Essling et d’Aspern , qui avaient coûté tant de sang à l’une el à l’autre armée,ne devaient pas être les seuls témoins d’une lutte entre les deux empires; ilsfurent traversés par la bataille. L’archiduc se mit en retraite sur AVagram etsur Slramersdorf ; vers six heures, l’armée française était sur le Itussbach,s’étendant vers Breitenlée. Nous attaquons le centre de l’archiduc. Macdonaldenfonce sa ligne, mais le prince accourt avec ses réserves: au milieu de la mêlée,il reçoit une blessure ; les troupes autrichiennes partagent les périls et l’impé-tuosité de leur chef. Les divisions de Macdonald et d’Oudinot sont ramenéesen-deçà du Itussbach ; une terreur panique s’est emparée de ces braves soldats,que le nombre n’avait jamais effrayés. Enfin, ralliés autour de l’invincible garde,ils se reforment sous les regards de Napoléon , et volent reprendre leur posi-tion sur le Itussbach. lîernadottc, qui devait enlever Wagram, ne fit qu'y pa-raître ; les Saxons qu’il commandait furent chassés de ce village et se retirèrentsur Aderklaa , que, peu d’heures après, ils quittèrent sans ordre. Le Itussbachvit terminer à onze heures du soir la journée d’Enzersdorf; une grande partiede l’armée ennemie n’avait pas encore été engagée. L’archiduc passa la nuit surles hauteurs de AVagram.

C’est aussi AA'agram qui frappe les yeux de Napoléon au réveil de son armée ;mais, au moment où il va donner l’ordre d’attaquer, les Autrichiens prennentl’offensive. Quatre mille toises régnent sur le front des deux armées: Napoléon les parcourt avec la rapidité de l’éclair, et en courant il désigne de la main àscs maréchaux les hauteurs de Itussbach , de Ncusicdel, Ilaumersdorf et AA’a-