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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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des pouvoirs nécessaires pour aller à Paris offrir le sceptre de la Suède auprince de Pontc-Corvo, et demander l'agrément de l’empereur Napoléon .Bernadotte accepta les offres delà Suède . La volonté unanime desétals proclama,dans leur séance du 21 août, le maréchal prince de Pontc-Corvo prince royalde Suède. Le roi Charles XIII l'adopta aussitôt pour fils. Le 1 er novembre,lîernadolte, qui avait embrassé la religion réformée, prêta serment en qua-lité de prince de la couronne de Suède. Le 15, le gouvernement suédois dé-clara son adhésion au système continental. On verra par la suite que les décla-rations des cours du Nord, à l’exception du fidèle Panemarck, n’étaient (pieles manifestes de la grande trêve qui couvraitlesapprôts d’une guerre nouvelle.

L’affaire de la Hollande n’avait pas seule occupé les conseils de Napoléon .Pendant le séjournes rois de la famille impériale à Paris , il fut question aussi,entre l’Empereur et Joachim, d’une expédition en Sicile que devait soutenirune forte escadre de Toulon. La Sicile était pour les Anglais une immenseplace d'armes, un vaste port militaire et commercial. l)e là ils menaçaient,tenaient en échec le blocus continental de la Méditerranée, et l’attaquaientpar une contrebande active, où leur politique consentait à sacrifier la moitiéde la valeur de leurs produits industriels. Pour combattre cette fraude, Na-poléon rendit, le 17 août, un décret qui ordonnait le brûlement de toutesles marchandises anglaises dans la France et dans les états confédérés, etattacha à ces douanes des cours prévûtales dont les jugements n’étaient passusceptibles du recours en cassation. Par ces terribles moyens, l’importationdevenait une opération à peu près impraticable. Cependant, il était impossiblede se passer d’objets de première nécessité, non manufacturés, tels que lesproductions naturelles aux colonies. Le dangereux système des licences pour-vut aux besoins publics, mais non sans les plus grands abus, et les produitsdes fabriques françaises furent livrés aux Anglais en échange des denrées brutesprovenant des possessions des Deux-Indes.

Conformément aux intentions de l’Empereur, une nouvelle campagne enPortugal s’était ouverte au mois de mai 1810, au moment où commencèrent lespréparatifs de l’expédition de Sicile . Le prince d’Essling commandait cette ex-pédition; il arriva le 2 à Yalladolid , ayant sous ses ordres le maréchal Ncy, leduc d’Abrantès et le général lleynicr ; la cavalerie obéissait au général Mont-brun. Masséna débuta par trois sièges importants : celui d’Astorga. qui, le6 mai,se rendit au duc d’Abrantès ; celui de Ciudad-ltodrigo, qui capitula le 10 juilletentre les mains du maréchal Ney, et enfin celui d’Almcida, qui se soumit aussile 28 août. Les deux clefs du Portugal, sur la frontière de la province de Sala-manque , tombées au pouvoir de l’armée du prince d’Essling, il s’avança surBusaco le 15 septembre , marchant sur Lisbonne , dont il avait l’ordre de s’em-parer. Mais l'Empereur avait enjoint à Masséna de ne commencer ses opérations([ue quand il aurait réuni soixante mille hommes. 11 était naturel à un courage