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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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DE NADOLÉON.

nion récente des départements des Roucfrcs-du-Rhin et des Bouches-dc-l'Es-eaul annonçait assez énergiquement à Louis le sort qui attendait le reste de sesétats s’il ne consentait pas à les enfermer dans le cercle tracé autour du littoralde l’Europe . Aucune considération ne permettait de relâcher ni d’interromprela chaîne qui environnait l’Angleterre pour lui interdire l’approche du con-tinent, et rejeter à la fois ses marchandises et ses agents : un seul anneau demoins ouvrait la porte à la destruction du système entier. Une armée de vingtmille hommes, sous le commandement du maréchal Oudinot, entra dans leroyaume pour y assurer l’exécution du blocus continental. Le roi de Hollandeabdiqua le 3 juillet en faveur de son fils. Napoléon rejeta cette abdication, et,le 9 juillet, un décret impérial réunit la Hollande à l’empire.

Pendant que ces choses se passaient en Hollande, un événement qui devaitavoir pour l’Europe, et surtout pour la France , les conséquences les plusgraves, attira faiblement d’abord, mais fixa bientôt après, les regards de l’Eu-rope sur le royaume de Suède. Le roi Charles XIII , vieux et sans enfant, avaitadopté le prince Charles-Auguste de IIolstein-Augustembourg, d’une branchecadette de sa maison et de celle de Danemarck. Quelques moisaprès, aune man-oeuvre de cavalerie, le nouveau prince royal tomba de cheval et mourut pres-que subitement. Cependant la vieillesse du roi et l’intérêt de la Suède exigeaientimpérieusement le choix d’un successeur. La reconnaissance de trois officierssuédois envers un général français pourvut à cette nécessité de l’état. Dans laguerre de 1807, ces trois officiers, faits prisonniers à Stralsund , reçurent dugénéral en chef Bernadette le meilleur traitement. Il adoucit par des servicesparticuliers leur longue captivité; il obtint même pour eux en France la rési-dence de la ville qu’ils désiraient habiter jusqu’à leur échange. Son affectionles avait suivis dans leur nouveau séjour; et quand il leur fut permis de revoirleur pays, ils allèrent remercier le maréchal de tous les actes de bienveillancedont ils gardaient le profond souvenir. A la mort du prince d’Augustembourg,ils se le rappelèrent plus vivement que jamais, et formèrent ensemble le pro-jet de témoigner leur gratitude à Bernadottc d’une manière éclatante, en lefaisant monter sur le trône de Suède . Ces militaires tirèrent habilement parti,auprès des membres des états, de l’influence que pouvait leur donner leur po-sition sociale; ils n’eurent pas de peine à démontrer que, dans ce siècle deguerre et de tumulte politique, le royaume, de toutes parts circonvenu par desalliés ou des voisins jaloux et puissants, avait besoin d’un prince guerrier quisût commander le respect de sa couronne. Les libertés suédoises trouveraientd’ailleurs leur garantie dans le choix spontané d’un homme qui, sans droits etsans aïeux, appelé à l’honneur de siéger parmi les souverains, se regarderaitcomme invinciblement engagé envers la nation qui lui aurait confié sa destinée.Ces considérations réussirent ; elles balancèrent si fortement les opinions, déjàpartagées entre trois princes de race royale, que ces officiers furent investis