Buch 
Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
Entstehung
Seite
437
JPEG-Download
 

DE NAPOLÉO.N.

W7

Bagration, le général Koutaisoff et les deux Toutchkoff. Les Français s'empa-rèrent de cinquante pièces de canon, et firent plusieurs milliers de prisonniers.Le maréchal Ney reçut le litre de prince de la Moskowa; Davoust, et surtoutle vice-roi, n'avaient pas moins mérité que lui peut-être, et ne se montrèrentpoint jaloux; Compans, Gérard, Morand, Cauiaincourt, Montbrun, Poniatowskiet ses Polonais, enfin les généraux d’artillerie Forestier, Sorbier, Laribois-sière, etc., avaient aussi puissamment contribué au triomphe de nos armes.

Poursuivi sur la route de Moskou , Kutusotl', annonça, par une vive résistanceà Mojaïsk , l’intention de nous livrer une seconde bataille dans la belle positionde Fili, à une demi-lieue en avant de Moskou ; mais le 14 septembre, lestroupes dù feld-maréchal eurent la douleur de quitter encore cette positionsans combattre, et de traverser en vaincus l’antique capitale de la Russie et leberceau de l’empire. On vit des officiers et des soldats pleurer de rage etde désespoir. L’abandon de Smolensk , qui passait pour une lâcheté et pres-que pour une trahison, avait répandu le deuil et l’indignation dans tous lescœurs russes : qu’on juge de l’effet de l’évacuation de Moskou , la ville sainte,par une armée que la veille encore on disait victorieuse, par le vainqueur desTurcs à Roudsehouk, par le général qu’on avait appelé comme un libérateur,et qui, après avoir juré par scs cheveux blancs de défendre à toute extrémitéla vieille capitale des czars, la laissait à la merci de Napoléon ! Mais, chose àpeine croyable, à l’instant où sa défaite le forçait, pendant la nuit qui suivit labataille, d’ordonner la retraite pour ne pas être coupé, le lendemain, de la routede Moskou , et acculé contre la Moskowa, lvutusolf ne craignait pas d’écrire auxdeux généraux en chef qui relevaient de son commandement, que l'armée fran-çaise avait été écrasée à Borodino; il fit proclamer à Moskou celte nouvelle,qui allait être démentie au moment même. Deux bulletins venus du quartier-général, et publiés dans Saint-Pétersbourg, portaient que les Français avaientété taillés en pièces à Mojaïsk , et la garde impériale détruite ; qu’outre centpièces de canon restées entre ses mains, Ivutusoff avait fait mille prisonniers,parmi lesquels on comptait le prince vice-roi, le prince d’Eckmühl et le ducd’Elchingen , et que l’ennemi était poursuivi par PlatolT, avec trente mille Co-saques qui avaient culbuté notre cavalerie dans l’action générale. Les plus bril-lantes récompenses devinrent le prix, comme elles avaient été le motif, de cesmensonges, qui déshonorent à jamais le nom de Ivutusoff. Cependant son ar-rière-garde, serrée en queue par le roi de Naples, et menacée de flanc par leprince Eugène, qui pouvait lui barrer le passage, courait le danger d’être prise oudétruite dans les rues de Moskou . Miloradowich, pour la sauver, proposa unesuspension d’armes, déclarant qu’il mettrait le feu à la ville si l’on voulait in-quiéter sa retraite ; une convention verbale lui donna la sécurité. Des hauteursdu mont du Salut, qui domine Moskou , on voyait cette grande cité, moitiéorientale, moitié européenne, avec ses lniits cents églises, ses mille clochers, scs

h-