Buch 
Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
Entstehung
Seite
483
JPEG-Download
 

DE NAPOLÉON.

A8:i

garde. Les généraux d’artillerie Dulauloy et Drouot se portèrent en avant avecsoixante pièces de réserve, tandis que la jeune garde, aux ordres du duc deTrévise , si aguerrie par le combat terrible de Kaya, se précipitait sur Litton eten chassait Yorck. Débordé sur sa gauche, attaqué de front, pris à revers par lestrois maréchaux, Blücher s’était retiré sur Burschwilz. Le général en chef AA'itt-genstein ayant été obligé de dégarnir sa droite, afin de parer à la nouvelleattaque que dirigeait l’Empereur en personne, le prince de la Moskowa avaitprofité de ce mouvement pour marcher en avant. Il avait repris l’reititz ; maîtredu village de Prussig, il avait débordé les alliés, et s’avançait sur AA'urschen.Le comte de AA’ittgcnstein , voyant sa droite tournée, ordonna la retraite. Legénéral Bardai de Tolly se retira par Grœdlitz sur Wcissemberg, ainsi que l'ailedroite, toute composée de Prussiens, et l’aile gauche, ou l’armée russe, surHochkirch et Lobau. Trente mille hommes payèrent de leur sangla défense etl’attaque des retranchements, désormais inutiles, de Bautzen et d’IIochkirch :douze mille du côté des Français , dix-huit mille du côté des alliés.

Ainsi s’accomplit la prophétie annoncée le matin par Napoléon à son armée.La bataille s’engagea à une heure après midi, et, selon sa prédiction, elle fut ga-gnée à trois heu res ; mais nous manquions, comme à Lu tzen, d’une cavalerie asseznombreuse pour tirer parti de notre victoire. Cependant un parlementairese présente au quartier impérial, porteur d’une lettre pour le duc de Vicence .Cette lettre était de la veille , et était accompagnée d’un billet du jour môme.La lettre, qui, disait le billet, n’avait pas été expédiée la veille à cause de la ba-taille déjà engagée, était la réponse de M. de Nesselrode à la démarche du 18 ;il déclarait que l’empereur de Russie ne pouvait recevoir les propositions quepar l’intermédiaire du médiateur. Ainsi le vaincu, le troisième jour de sa dé-faite, imposait à Napoléon le joug autrichien ! Il ne restait donc à l’Empereur(pie la ressource de vaincre. Et plût à Dieu qu’il n’eùt cherché d'autre inter-médiaire que son armée! Une grande pensée couronna la journée de Bautzen .Profondément ému des preuves de dévouement de sa jeune armée, frappéd’admiration pour cette, guerre de héros qu’avaient faite sous ses yeux des con-scrits à peine sortis de leurs dépôts ou du village de leurs pères, il décrétaqu’un monument serait érigé sur le Mont-Cenis, et consacrerait à jamais sa re-connaissance envers ses peuples de France et d’Italie .

Le22 mai, à quatre heuresdu matin, l’armée s’avança vers la Silésie par troischemins différents. A l’aile gauche, le maréchal Victor et le général Sébastiani sedirigent surGlogau, pour le débloquer. Les maréchaux Macdonald, Marmontetle général Bertrand suivent AA’ittgenstein sur la route de Schweidnitz. Le maré-chal Nev s’avance sur celle de Breslau . L’Empereur se met lui-même à la pour-suite des alliés avec la cavalerie de la garde, celle du général Latour-Mau-bourg et une parlie de son infanterie : il marcha toute la journée à la tète del’avanl-garde; on arriva sans obstacle à AVeissemberc:. Plus loin, l'infanterie