Buch 
Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
Entstehung
Seite
556
JPEG-Download
 

;).">()

lIISTOllî i:

sous des princes tout nouveaux pour elle, entourés de vieux généraux inconnus,d’une vieille noblesse pleine de jactance, et d'un clergé persécuteur. L’armée,humiliée par d’insolents mépris, avait vu décimer le corps de ses officiers parun ministre, et ce ministre était l’accusé dcllaylen ! Trois mille vétérans, mu-tilés dans les guerres de la république et de l’empire, allaient, en mendiant,porter à leurs villages les nouvelles du changement de système; chassés del'hôtel des Invalides , ils avaient été tous remplacés par des Vendéens et desChouans !

Dès le dernier mois de 181V, Napoléon dut se sentir entraîné vers la France par le mécontentement qu elle éprouvait. L’idée de revenir en France , quitout à coup prit sur Napoléon la force d’une résolution, lui vint d’abord deParis par la seule lecture du Moniteur, qui l’avertit que le moment de son re-tour était arrivé, comme la lecture des gazettes de Francfort, à Alexandrie ,lui avait donné autrefois le signal de son départ (l’Egypte . Des lettres de Vienne,ainsi que de son beau-frère Joachim, à qui il avait pardonné, et qui avait desagents auprès du congrès, le fortifièrent dans sa pensée, en lui annonçant ledessein, proposé aux alliés par les ministres français , de le surprendre à l’iled'Elbe et de le transporter à Sainte-Hélène . Il lit alors des dispositions pourmettre Porlo-Fcrrajo en état de défense. Pendant qu’on s’en occupait, deuxnoblps Anglais , indignés d'un projet de trahison dont la honte retomberait surleur nation, quittèrent Vienne et vinrent donner à Napoléon des détails qui luidévoilèrent l'imminence du péril qu’il courait. Napoléon savait aussi (pie legouvernement royal de France ne voulait plus exécuicr le traité de Fontaine-bleau. Il n'y eut dans le secret de l'île d’Elbe que le roi Joachim, à qui Napo-léon prescrivait d’attendre ses ordres pour agir, etunauditeurauConseil-d’Élal.Fleury de Chaboulon, qui vint de lui-même rendre compte à Napoléon de l’étatdes choses en France .

Des munitions de guerre avaient été achetées à Naples, des armes à Alger ,des transports à Gènes. Tout se trouva bientôt prêt pour le départ ; une troupede mille hommes, dont six cents de la garde, deux cents chasseurs corses, deuxcents fantassins, et cent ehevau-légers polonais, reçut tout à coup l’ordre d’em-barquement par un coup de canon, le 26 février, à huit heures du soir. Napo-léon choisit ce jour, où le commandant de la station anglaise était parti pourLivourne ;et afin d’éloigner tout soupçon, il donnait lui-méme une fête dontsa mère et sa sœur Pauline faisaient les honneurs. Il s’y déroba, a Le sort en estjeté! » dit-il en mettant le pied sur le brick Vfnconstant. O bAtiment. armé devingt-six pièces de canon, et portant quatre cents grenadiers, et six autres petitsbAtimenls légers, composaient la flottille impériale. Bientôt on perdit l’île de vue.Excepté les généraux Bertrand et Drouot , personne ne savait où l'on allait. Ce-pendant l’opinion commune sur la flottille était que Napoléon débarquerait enItalie : on s’en inquiétait peu; il élail là. « Grenadiers, dit-il après une heure