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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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DE NAPOLÉON. Ali!)

« moins étendue , selon l’intérêt des nations qu’ils (jouvernent. La souveraineté« elle-même n’est héréditaire que parce que l’intérêt des peuples l’exige. Hors« de ces principes, je ne connais pas de légitimité. J’ai renoncé aux idées dua grand empire dont, depuis quinze ans, je n’avais encore posé que les bases.« Désormais le bonheur et la consolidation de l’empire français seront l’objet« de toutes mes pensées... » C’était parler en monarque, et non en réforma-teur, comme le demandait le conseil. On désirait une autre constitution : Na-poléon préparait un acte additionnel aux constitutions de l’empire.

L’Ouest, que l’on n’avait pu soulever, le Midi, soumis si rapidement, ren-daient à l’heureux Napoléon la France disposée à rentrer avec enthousiasme,encore au nom de la liberté et de l’indépendance nationale, dans la carrièredes armes ; mais pour se donner tout entière, elle attendait le manifeste de sarégénération politique de la même bouche qui, au golfe Juan , avait proclamésa délivrance; elle l'attendait de celui qui venait de la mettre en péril, etqu’elle voulait sauver comme elle-même. Par une fatalité, ou plutôt par unaveuglement inconcevable , au lieu de la proclamation solennelle des garantiescomplètes qui étaient dues à la nation, Napoléon s’obstina à publier, malgréles plus notables opposilions, malgré les vives résistances de ses anciens ser-viteurs et de ses plus fidèles ministres, l’acte additionnel aux constitu-tions de l’empire. Cette promu'gation frappa de stupeur la capitale, etapprit à la France que le retour de l’île d’Elbe lui ramenait Napoléon tout en-tier, et non un empereur converti à la liberté par ces méditations profondesqui inspirent de grandes résolutions à un grand caractère. Le soulèvement gé-néral de l’opinion, si cruellement désabusée par un acte supplémentaire quisupposait le maintien des institutions du pouvoir absolu, fut mortel pour Na-poléon . Les véritables amis de la liberté légale avaient salué avec transport ledictateur de la patrie en danger ; ils jugèrent qu’ils étaient trompés : ils se reti-rèrent malheureux et mécontents. Dès ce jour il n’y eut plus à opposer à lacrise terrible dont l’Europe menaçait la France qu’une armée tout impériale etune nation toute silencieuse.

Cependant, le 25 mars, les quatre grandes puissances avaient pris, dans untraité, l’engagement de ne déposer les armes qu’après avoir mis Napoléon horsd’état de troubler à l’avenir la paix de l’Europe . De son côté, le 29 du mêmemois, il avait renvoyé l’examen de la déclaration de Vienne à une commissioncomposée des présidents de son Conseil-d’État : il en était résulté une réfu-tation qui, par l’énergie du style, le rapprochement des faits, la vigueurdes raisonnements et les principes qu’elle contenait, ne laissa pas longtempsméconnaître son auteur : Napoléon répondait lui-même à l’Europe . Cettepièce, d’une très-haute importance, restera comme une des plus habiles et élo-quentes qui soient sorties de la plume d’un homme d’état, et comme un des docu-ments les plus curieux de l’histoire. Malgré l’échange de ces hostilités écrites.

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