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Napoléon crut pouvoir reprendre des relations, soit avec la Russie , soit avecl’Autriche. Un traité secret entre la France, l’Autriche et l’Angleterre pourdéfendre la Saxe du démembrement dont la Russie et la Prusse la menaçaient,avait été oublié dans le cabinet du ministre des affaires étrangères au départdu roi. A l’arrivée de Napoléon à Paris, les ministres d’Autriche et de Russie étaient encore dans la capitale. Napoléon pensa que la communication de cetraité secret au ministre de Russie détacherait cette puissance des intérêts dela maison de Bourbon, et jetterait la discorde dans le congrès de Vienne. Enconséquence, on montra ce traité à M. de Boudiskim ; d’autres démarchesfurent faites auprès de l’empereur Alexandre, et quelques ouvertures au cabinetde Londres . Après ces tentatives préliminaires dont aucune n’atteignit son but,Napoléon , pour répondre aussi par une déclaration à celle du congrès deVienne, écrivit le h avril aux princes de l’Europe . Sa lettre était ainsi conçue:
« Monsieur mon frère ,
« Vous aurez appris dans le cours du mois dernier mon retour sur les côtes« de France, mon entrée à Paris et le départ de la famille des Bourbons. La vé-« ritable nature de ces événements doit être maintenant connue de Votre Ma-« jesté; ils sont l’ouvrage d’une irrésistible puissance, l’ouvrage et la volonté« unanime d’une grande nation qui connaît ses devoirs et ses droits. L’attente« qui m’avait décidé au plus grand des sacrifices avait été trompée. Je suis« venu, et du point où j’ai touché le rivage, l’amour de mes peuples m’a porté« jusqu’au sein de ma capitale. Le premier besoin de mon cœur est de payer* tant d’affection par une honorable tranquillité. Le rétablissement du trône« impérial étant nécessaire au bonheur des Français , ma plus douce pensée« est de le rendre en même temps utile à l’affermissement du repos de l’Eu-« rope. Assez de gloire a illustré tour à tour les drapeaux des diverses nations.« Les vicissitudes du sort ont assez fait succéder de grands revers à de grands« succès. Une plus belle arène est aujourd’hui ouverte aux souverains, et je« suis le premier à y descendre. Après avoir présenté au monde le spectacle« des grands combats, il sera plus doux de ne connaître désormais d’autre ri-« valité que celle des avantages de la paix, d’autre lutte que la lutte sainte de« la félicité des peuples. La France se plaît à proclamer avec franchise ce noble« but de tous ses vœux. Jalouse de son indépendance, le principe invariable« de sa politique sera le respect le plus absolu pour l’indépendance des autres« nations. Si tels sont, comme j’en ai l’heureuse confiance, les sentiments per-« sonnels de Votre Majesté, le calme général est assuré pour longtemps, et« la justice, assise aux confins des états, suffit seule pour en garder les fron-« tières. »