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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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HISTOIRE

déboucher sur la route de Bruxelles, et le maréchal Grouchy sur celle de Fleu-rus. Napoléon comptait qu’à la nuit l’avant-garde du maréchal Ney aurait oc-cupé les Quatre-Bras et que, le lendemain IC, Blücher serait débordé par lesdeux maréchaux, tandis qu’il le presserait de front avec les autres corps.

Après ces dispositions, l’Empereur se porta sur Gilly. Le pont de Châlelletvenait d’être enlevé par la tête de colonne du k* corps, qui menaçait le flancdes Prussiens de Pirsch, que le 3° corps attaquait de face. Aussi ce généralabandonna Gilly, et laissa pour protéger sa retraite deux bataillons formés encarrés. Retardé par leur résistance, l’Empereur ordonna au général Letort dedonner tête baissée sur ces carrés avec les quatre escadrons de la garde etun du 15 e de dragons. Les deux bataillons prussiens, bientôt enfoncés, per-dirent beaucoup d’hommes et cinq pièces de canon. Mais Letort y périt, etl’armée eut à regretter un de ses plus braves généraux . Pirsch se reploya surFleurus. A la gauche, le maréchal Ney exécutait aussi son mouvement avec le2 e corps, dont la division Girard était détachée sur la droite. Il poussait l’en-nemi de Gosselies et forçait le prince de Weymar, après lui avoir pris huitcents hommes et deux pièces de canon, à lui abandonner le village de Frasmes,à une lieue des Quatre-Bras, où le prince passa la nuit avec quatre bataillons.Si, au lieu de s’arrêter à Gosselies et de n’occuper Frasmes que par un déta-chement, le 2 e corps se fût établi tout entier dans ce dernier village, le 1", quile suivait, n’eût pas été refoulé derrière Jumet; il eût pris possession de Gosse-lies et se serait trouvé en ligne. Alors la moindre démonstration sur les Quatre-Bras, pendant les deux heures de jour qui restaient, assurait au maréchal ceposte important.

Le soir, Blücher n’avait pu réunir son armée. Cette opération eut lieu pen-dant la nuit. Quant à l’armée anglaise , elle demeurait tranquille dans ses can-tonnements. Deux avis de notre attaque victorieuse ébranlèrent à peineWellington. Enfin, surpris au bal par un troisième courrier de Blücher , quivoulait risquer le lendemain une bataille, le général anglais mit son armée enmouvement le 16 au matin, avec ordre de se rassembler aux Quatre-Bras. Na-poléon l’avait prévu en prescrivant la veille l’occupalion de ce poste, véritableclef de la position de Blücher .

Dans le même moment, l’Empereur, à qui un officier de lanciers venaitannoncer que l'ennemi présentait des masses du côté des Quatre-Bras, en-voyait le général Flahaut dire au maréchal Ney de s’avancer avec toute l’ailegauche, et de dissiper tout ce qui venait de Bruxelles , pendant que lui marche-rait sur Fleurus, et que le maréchal Grouchy ferait son mouvement sur Som-bre!. A une heure, en débouchant de Fleurus, on aperçut les Prussiens en avantde Ligny, sauf les trente mille hommes du général Bulow, qui étaient en routede Liège pour rejoindre Blücher. Napoléon fut satisfait de trouver l’ennemidans un ordre de bataille oblique : il ne doutait pas que l’aile droite prussienne.