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qu'il croyait débordée depuis le matin au moins par le maréchal Ney auxOuatre-Bras, ne touchàtau moment d’étre enveloppée, et il fit prendre position.Ainsi l'impétueux Bliicher venait de lui-même chercher la bataille que Napo-léon et son armée brûlaient de lui livrer. Appuyée sur Bry, sur Saint-Amand ,sur Ligny, l’armée prussienne présenlait un front formidable. Elle comptaitquatre-vingt-seize mille combattants et deux cent quatre-vingt-huit pièces decanon. Napoléon n’avait en ligne que soixante-sept mille hommes, avec deuxcent quatre pièces d'artillerie. Cependant, maigre cette infériorité numériqueet l’avantage de la position de son ennemi, l’Empereur, fort du sentiment una-nime qui transportait son armée, ordonna l’attaque. Elle commença à troisheures et demie. Vandamme fit enlever Saint-Amand par une division, malgréla plus vive résistance. Cette division fut bientôt forcée de se retirer devant desforces supérieures; bientôt aussi elle revint secourue par une autre division,et pendant ce temps, le général Girard, détaché du 2 e corps, arrêta valeureuse-ment toute une colonne prussienne. Vandamme rentra dans Saint-Amand ;mais ce succès coûta la vie au général Girard, l’un des héros de Lutzen .
Au centre de la ligne ennemie, Ligny était devenu le théâtre d’une actionacharnée et glorieuse pour nos armes. Vers deux heures et demie, Napoléon ,toujours persuadé que le maréchal Ney occupait les Quatrc-Ilras, lui avait en-voyé un troisième ordre d’attaquer tout ce qui était devant lui et de rabattre surle maréchal Grouchij, afin de concourir à envelopper le corps prussien réuni entrellry et Sombref. Une heure après, comme l’aclion commençait, Napoléon expé-dia au maréchal un quatrième ordre, ainsi conçu : « Vous devez manœuvrer« sur-le-champ de manière à envelopper la droite de l’ennemi, et tomber à<x bras raccourcis sur ses derrières. Cette armée est perdue si vous agissez vi-« goureusement. Le sort de la France est dans vos mains. Ainsi n’hésitez pas unu instantpour faire le mouvement que l’Empereur vousordonne, et dirigez-vous« sur les hauteurs de Bry et Saint-Amand pour concourir à une victoire peut-« être décisive. L’ennemi est pris en flagrant délit au moment où il cherche à se« réunir aux Anglais . » Cet ordre fut remis au maréchal à six heures du soir parle colonel Forbin-Janson. Après le départ de cet officier, Napoléon dit au géné-ral Gérard partant pour emporler Ligny : «11 se peut que dans trois heures le« sort de la guerre soit décidé. Si Ney exécute bien les ordres, il ne s’échappera« pas un canon de l’armée prussienne.» Mais la plus désastreuse fatalité devaitrendre bien incomplet le résultat des combinaisons que le génie de Napoléon avait conçues.
Dans sa route, le colonel Forbin-Janson rencontra le comte d’Erlon, qui, re-tardé dans sa marche, ainsi que l’avait été le maréchal Grouchy , se rendait enfinaux Quatre-Bras à la tête du premier corps ; il lui donna communication del’ordre relatif à l’aile gauche. Le général s’était empressé de s’y conformer, etdéjà la division Durulte, qui était en tète, était arrivée à la hauteur de Villers-
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