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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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1) L NAPOLÉON.

59!)

« les autorités nationales. J’étais fondé à en espérer le succès, et j’avais brave« toutes les déclarations des puissances contre moi. Les circonstances me pa-ie raissent changées. Je m’offre en sacrifice à la haine des ennemis de la France .« Puissent-ils être sincères dans leurs déclarations, et n’en avoir voulu seu-le lement qu’à ma personne ! Ma vie politique est terminée, et je proclame mon« fils, sous le titre de Napoléon II , Empereur des Français. Les ministres ac-ee tuels formeront provisoirement le conseil du gouvernement. L’intérêt queee je porte à mon fils m’engage à inviter les Chambres à organiser sans délai laee régence par une loi. Unissez-vous tous pour le salut public et pour rester une« nation indépendante.

« Au palais de l’Élysée, 22 juin 1815.

« Napoléon . »

Cette déclaration fut remise aux ministres pour être communiquée aux deuxChambres.

A une heure, furent introduits les ministres de la police, de l’intérieur, desrelations extérieures et de la guerre. Le président lut la déclaration de l’Em-pereur, dont ils étaient porteurs. Fouché proposa de nommer, séance tenante,une commission de cinq membres, chargée d’aller auprès des alliés traiter desintérêts, des droits et de l’indépendance de la France .

La Chambre des pairs adopta les décisions de la Chambre des représen-tants sur la députation à l’Empereur et la nomination de la commission exé-cutive.

L’article 67 de l’Acte additionnel, qui proscrivait la maison de Bourbon, futaussi rappelé dans la Chambre des pairs comme il l’avait été dans l’autre Cham-bre. Les députations des deux Chambres se rendirent ensuite auprès de l’Em-pereur, qui leur répondit :

« Je vous remercie des sentiments que vous m’exprimez. Je désire que mon« abdication puisse faire le bonheur de la France , mais je ne l’espère point,ee Elle laisse l’état sans chef, sans existence politique. Le temps perdu à renverser« la monarchie aurait pu être employé à mettre la France en état d’écraser l’en-« nemi. Je recommande à la Chambre de renforcer promptement les armées.« Qui veut la paix doit se préparer à la guerre. Ne mettez pas cette grande nationu à la merci des étrangers. Craignez d'être déçus dans vos espérances; c'est là« qu’est le danger. Dans quelque position que je me trouve, je serai toujours« bien si la France est heureuse. Je recommande mon fils à la France ; j’espère<e qu’elle n’oubliera pas que }c, ri ai abdiqué que pour lui. Je l’ai fait aussi, ce grand« sacrifice, pour le bien de la nation : ce n’est qu’avec ma dynastie qu’elle peut« espérer d’être libre, heureuse et indépendante. »

La Chambre héréditaire, qui avait accueilli les résolutions de la Chambreélective, procéda à la nomination de deux membres du gouvernement. Le choix