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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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« six ans (il était à Auxerre , venant de Hic d'Elbe), il y avait des nuages au« ciel. Ah! je serais guéri si je voyais ces nuages. » Puis il saisit la main du doc-teur, et, l'appuyant sur son estomac : « C'est un couteau de boucher qu'ils ont mis« là, et ils ont brisé la lame dans la plaie. »

Les derniers jours de Napoléon furent aussi grands que les plus glorieusesépoques de sa vie. Trop certain de sa mort, il souriait de pitié on plutôt decompassion à ceux qui cherchaient à combattre en lui cette idée. « Pouvez-« vous joindre cela? » dit-il à M. Munckhousc, officier anglais , après avoir coupéen deux le cordon de la sonnette de son lit. « Aucun remède ne'peut nie« guérir. Ma mort sera un baume salutaire pour nos ennemis. J'aurais désiré« revoir ma femme et mon (ils; mais que la volonté de Dieu soit faite! »Puis, avec une attitude digne de Socrate , il ajouta : « Il n'y a rien de terrible« dans la mort. Elle a été la compagne de mon oreiller pendant ces trois se-« maines, et à présent elle est sur le point de s'emparer de moi pour jamais. »l'n autre jour il dit : « Les monstres me font-ils assez souffrir? Encore s'ils m’a->< vaient fait fusiller, j’aurais eu la mort d’un soldat... J'ai fait plus d’ingrats« qu’Auguste, que ne suis-je comme lui en situation de leur pardonner! » Lanouvelle maison destinée à Napoléon venait d’étre terminée. « Elle me servirau de tombeau , » dit-il ; et. en effet’, on dut en employer les pierres à bâtir lecaveau où il repose.

Le 15 avril, Napoléon s'enferma avec MM. de Montholon et Marchand ; il litce testament où il n’oublia personne, ni ceux qui l’ont suivi, ni ceux qu’il alaissés en F rance, ni ceux qui depuis longtemps avaient cessé de vivre ; ni aussiles pervers qui l’ont trahi. Ce précieux inventaire des sentiments de Napoléon remonte de la prison de Longwood à sa jeunesse. Près du dernier moment, ilsonge aux enfants du général Dutheil, qui a pris soin de lui/dès son entréedans la cariière militaire ; à la famille du représentant Gaspard), qui, au siègede Toulon , a sanctionné les inspirations du génie et défendu leur auteur contrela persécution ; au fils de l’intrépide Dugommier, son ami, le premier qui aitdeviné le maître futur de l'Europe dans un jeune commandant d’artillerie de larépublique. Parmi ses légataires sont les soldats de Elle d'Elbe, les blessés deWaterloo , les proscrits de l’amnistie de 1815, les victimes de la réaction, lesanciens amis, les serviteurs fidèles ; sa chère ville de Brienne, et huit provincesde France , ont part aux libéralités de cet autre César, non moins reconnaissantet non moins généreux que le premier. l)e son lit de mort, Napoléon , conser-vant en quelque sorte son autorité jusqu’à la dernière heure, stipule aussi lesintérêts qui, après lui, doivent occuper deux empires. Son vœu le plus cherest que ses cendres reposent sur les bords de la Seine , au milieu de ce peuplefrançais qu il a tant aimé... 11 recommande à son fils de ne jamais oublier qu’ilest né prince français, de ne jamais combattre la France , d’adopter sa devise :Tout pour le peuple français, etc. Antomarchi arrive : « Voilà mes apprêts, doc-

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