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Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
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confession. L’état du malade ne permit pas qu’on lui administrât le viatique.Seul avec l’abbé Vignali, qui ne l’avait connu qu’à Sainte-Hélène, il ne donnaà aucun témoin de sa puissance passée le spectacle de cette dernière abdica-tion. Présent aux ordres que Napoléon avait intimés, le 20, à son chapelain, ledocteur Antomarchi parut manifester une sorte d’étonnement. « Je ne suis, luidit Napoléon , ni 'philosophe ni médecin. N’est pas athée qui veut. » C’était sansdoute matérialiste que Napoléon avait voulu dire. Le 25, il eut la force d'ajou-ter quatre codicilles à son testament.

Le 28, un soin stoïque l’occupa; il chargea Antomarchi de faire l’autopsiede son corps; de communiquer à son fils ses observations, de mettre son cœurdans de l’esprit-de-vin, et de le porter « à sa chère Marie-Louise. Vous irez àRome, docteur; vous direz aux miens que le grand Napoléon a expiré sur ce tristerocher, dans l’état le plus déplorable, manquant de tout, abandonné à lui-même età la gloire. » Le lendemain on lui apporta de l’eau de la fontaine voisine deHutsgate. «Si la destinée voulait que je me rétablisse, dit-il, j’éleverais un« monument dans le lieu où jaillit cette source ; je couronnerais sa fontaine, en« mémoire du soulagement qu’elle m’a causé. Si je meurs, et que l’on ne pros-« crive pas mon cadavre comme on a proscrit ma personne, je souhaite que« l’on m’enterre auprès de mes ancêtres, dans la cathédrale d’Ajaccio . S'il ne« m’est pas permis de reposer où je naquis, eh bien! que l’on m’ensevelisse là« où coule cette eau si douce fet si pure ! » Il ne formait ce dernier vœu queparce qu’il savait bien qu’on lui refuserait d’être inhumé sur les bords de laSeine . Le 2 mai* dans un excès de délire, il se croyait à la tête de l’armée d’I-talie, et s’écriait : « Steingel, Desaix , Massèna, allez, courez, prenez la charge,« ils sont à nous! » Le lendemain Napoléon vit s’approcher sa dernière heure ;la veille on avait entendu le guerrier qui décidait du sort d’une bataille : le3 mai on écouta le dictateur de l’Europe parlant aux sujets qui lui sont res-tés. Sa voix est solennelle, et il va prononcer la dernière volonté de sa toute-puissance; il s’adresse à ses exécuteurs testamentaires, aux généraux Bertrandet Montholon, et leur dit :

« Vous allez repasser en Europe . Je vous dois quelques conseils sur la con-duite que vous avez à tenir. Vous avez partagé mon exil, vous serez fidèles à« ma mémoire; vous ne ferez rien qui puisse la blesser. J’ai sanctionné tous les« principes, je les ai infusés dans mes lois, dans mes actes; il n’y en a pas un« seul que je n’aie consacré. Malheureusement les circonstances étaient graves.« J’ai été obligé de sévir, d’ajourner; les revers sont venus; je n’ai pu déban-« der l’arc, et la France a été privée des idées libérales que je lui destinais. Elle me«juge avec indulgence; elle me tient compte de mes intentions; elle chérit mon« nom, mes victoires. Imitez-la, soyez fidèles aux opinions que nous avons défen-« dues, à la gloire que nous avons acquise ; il n’y a hors de là que honte et confusion.»

Le 4, une tempête affreuse déracina jusqu’au dernier arbre qui avait prêté

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