Buch 
Histoire de Napoléon / par de Norvins ; vignettes par Raffet
Entstehung
Seite
634
JPEG-Download
 

TESTAMENT

l>3 1

sont pas là les règles qui ont dirigé nia vie. J’ai fait arrêter et juger le dued'Enghien , parce que cela était nécessaire à la sûreté, à l’intérêt et à l’hon-neur du peuple français (1), lorsque... entretenait, de son aveu , soixante assas-sins à Paris . ( Dans de semblables circonstances j’agirais de même. )

II.

1° Je lègue à mon fils les boites, ordres, et autres objets, tels qu’argenlc-rie, lit de camp, armes, selles, éperons, vases de ma chapelle, livres, lingequi a servi à mon corps et à mon usage, conformément à l’état annexé, cotéA. Je désire que ce faible legs lui soit cher, comme lui retraçant le souvenird’un père dont l’univers l'entretiendra.

2” Je lègue à lady Holland le camée antique que le pape Pic VI m’a donné àTolentino.

3° Je lègue au comte Monlholon deux millions de francs, comme une preuvede ma satisfaction des soins filials qu’il m’a rendus depuis six ans, et pour l’in-demniser des pertes que son séjour à Sainte-IIélène lui a occasionnées.

4° Je lègue au comte Bertrand cinq cent mille francs.

5° Je lègue à Marchand, mon premier valet de chambre, quatre cent millefrancs : les services qu’il m’a rendus sont ceux d’un ami. Je désire qu’il épouseune veuve , sœur ou tille d’un officier ou soldat de ma vieille garde.

6° Idem à Saint-Denis , cent mille francs.

7° Idem à Novcrraz, cent mille francs.

8° Idem à Pierron, ccnt mille francs.

9° Idem à Archambaud , cinquante mille francs.

10° IdemàCursor, vingt-cinq mille francs.

11° Idem à Chandellier, idem.

12° A l’abbé Vignali, cent mille francs. Je désire qu’il bâtisse sa maisonprès de Ponte-Novo di Costino.

13° Idem au comte de Las Cases, cent mille francs.

14° Idem au comte de Lavallette, cent mille francs.

t^l) Tout ce qui peut expliquer la pensée, peindre la situation intérieure de Napoléon écrivantson testament, est digne d’intérêt. Or, il e>f aisé de se convaincre, à l’inspection de l’original,qu’il a d’abord fini l’article I er à notre renvoi, car, immédiatement au-dessous de la ligne, ilécrit le numéro II de l’article suivant qu’on \oit plus bas; mais, trouvant sans doute que saphrase n’a pas rendu tout ce qu’il voulait, il raie ce numéro II, et ajoute ce qu’on lit commecomplément, explication et justification de ce qui précède. Ce n’est pas tout : vient plus tard ,et à une seconde lecture, à ce qu’il paraîtrait par l’écriture et par la forme des parenthèses, cequi termine l’article.

Au surplus, rien n’est plus propre à jeter des lumières sur ce triste sujet, et à faire juger dessentiments qui dirigeaient en ce moment Napoléon , que les détails curieux et les particularitésintéressantes consignés à cet égard dans le Mémarial de Sainte-Hélène, t. vit, 20 noveinbre 1810.