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HISTOIRE DES PAPES.
[I S.]
manger des hommes aux chiens; tous les jours il faisait égor-ger quelques sénateurs, et par ses ordres on coupait les mainsà de braves gens qui dans les guerres civiles s’étaient refusésà prendre son parti ou l’avaient suivi de mauvaise grâce;enfin, par une nouvelle torture dont on nés était point encoreavisé, il faisait brûler ses amis dans cette partie qu’il avaitofferte à Pollion et qu’il avait prêtée à Nerva .
Petronius Secundus et Parthenius, chefs de la milice, as-sassinèrent Domitien et déclarèrent empereur Marcus Coc-ceius Nerva. Ce prince était bienveillant, généreux, modesteet sincère : Martial le nomme le plus doux des souverains :dans les Césars de Julien, Silène n’a rien à lui reprocher :et Apollonius, attaché à la cour de Nerva, témoigne dans Phi-lostrate qu’il ne l’a jamais vu se livrera ses plaisirs : d’aprèsXiphilin , cet empereur disait de lui-même : « Qu’il ne se» trouvait coupable d’aucune chose qui l’empêchât de vivre» en repos et en sûreté s’il quittait l’empire. » 11 fit rendreaux citoyens de Rome toutes les richesses qui se trouvaientdans son palais et que Domitien leur avait enlevées. 11 donnapour un million d’écus d’or aux bourgeois romains qui étaientpauvres, et en confia la distribution aux sénateurs. Dans untemps où les malheurs publics exigeaient des sacrifices, il fitvendre ses ameublements, ses robes, sa vaisselle d’or et d’ar-gent, ses palais et tout ce qu’il regardait comme superflu,afin de n’être pas à charge à la nation. En reconnaissance, lepeuple lui rendit de grands honneurs et voulut lui ériger desstatues : Nerva refusa par un louable sentiment de modestie.11 mourut, suivant Aurélius Victor , à l’âge de soixante-trois ans, après un règne de seize mois.