[I. S.]
CRIMES DES EMPEREURS.
93
reurs avaient horriblement corrompue, et il s’appliqua égale-ment à réformer les lois de l’état. Vespasien était ennemi descourtisans, aimait à entendre la vérité, et n’avait point de hainessecrètes : naturellement bon, il détestait la cruauté de ses pré-décesseurs. Mais ces belles qualités étaient ternies par sa pas-sion pour les femmes, qui l’entraînait à des actes de violence,et par son avarice sordide, qui lui faisait vendre la justice.
Tite, sonfds, lui succéda, et devint le meilleur des princes :On l’appelait « les délices du genre humain. » Si dans la jour-née il n’avait pas trouvé l’occasion de faire du bien, on luientendait dire avec douleur ces belles paroles, dignes desplus grands hommes de la république : « Amis, j’ai perdu» un jour ! »
11 était ennemi de la vengeance, et se montra aussi ver-tueux que ceux qui l’avaient précédé étaient cruels et cor-rompus. Enfin, lorsqu’il mourut, les Romains disaient de cetillustre prince : « qu’il devrait n’avoir jamais vécu ou vivre» éternellement!. »
Domilien, fils de Vespasien et frère de Tite, hérita de sonsceptre, mais non de ses vertus ; car la Providence donnerarement de bons rois, comme pour indiquer aux nationsque la puissance suprême ne devrait jamais être confiée auxmains d’un seul homme. L’histoire nous apprend que Domi-tien était orgueilleux, vain, présomptueux, avare, prodigueet cruel. Il suscita contre l’Eglise une persécution longue etinhumaine, dans laquelle un grand nombre de chrétiens ex-pirèrent dans les supplices; d’autres furent relégués dans l’îlede Palmos, où saint Jean écrivit ses Visions ou son Apoca-lypse. Ce cruel empereur prenait un grand plaisir à faire