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Némésis médicale illustrée : receuil de satires / par François Fabre ; contenant trente vignettes dessinées par Daumier
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XI
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PREFACE.

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non moins misérable que celle de ses frères en poésie,Chatterton, Shéridan etGoldsmith (1).

Depuis Gilbert, les poètes critiques n’ont pas man-qué ; seulement, météores éphémères, ils ont laissé

(1) Le charmant historien du ministre Wakefield avait envie de voya-ger. Il prit une flûte : c’était tout ce qu’il possédait; il visita ainsi la llel-gique, la Suisse , et une partie de notre pays. 11 marchait tout le jour; lesoir il s’arrêtait dans un village, à l’entrée d’une maison, il jouait de satlùle ou il chantait; le paysan l’invitait à entrer, le jeune poète s’asseyaitsans façon au foyer de la famille, et il oubliait sa fatigue, tantôt pour ré-jouir ses hôtes par ses récits de voyage , tantôt pour les faire danser.Après avoir ainsi parcouru une partie de l'Europe , il retourna en An-gleterre plus pauvre, plus ignoré que jamais. Pour pouvoir vivre , il semit à travailler dans le laboratoire d’un pharmacien; peu à peu, cepen-dant, il se révéla au public , d’abord par quelques spirituels articles dejournaux, puis par ses vers : mais il s’était distingué comme poète, sanssavoir la valeur qu’on attachait à ses œuvres. Un jour, un libraire luidonna cent livres sterling pour son poème du Filtaye abandonné. Gold-smilh, qui de sa vie n’avait eu tant (l’argent,emporia avec des transportsde joie celte somme, qui était pour lui une fortune A moitié chemin ilrencontre un de ses amis à qui il raconte le bienheureux marché qu’ilvient de faire. « C’est beaucoup pour un si petit livre, lui dit son ami. —Vous avez raison, s’écrie le poète, le malheureux libraire y perdrait.« Etle voilà qui reporte à l’éditeur les cent livres sterling.