Buch 
Némésis médicale illustrée : receuil de satires / par François Fabre ; contenant trente vignettes dessinées par Daumier
Seite
170
JPEG-Download
 

170

HUITIEME SATIRE.

Mes yeux voyaient déjà dans de sinistres yeuxBriller l’ingratitude en reflets odieux ;

Que pour moi, clairvoyant dans toutes les intrigues,Déjà nos grands du jour escomptaient nos fatigues,Et que l’on était prêt à tourner contre nousDes secours qu’on dédaigne ou demande à genoux.Quand de l’épidémie ils craignaient la victoireLes lâches nous votaient un Panthéon de gloire ;

La colonne trajane à notre dévoûment

Leur semblait, disaient-ils, un faible monument;

Leurs rubans cramoisis se déroulaient à l’aune.

Ah ! pour des cœurs ardents où l’amitié bouillonne,Qu’échauffe à notre égard une noble chaleur,

Mille médailles d’or ont trop peu de valeur !

Mais que l’épidémie un seul instant faiblisse ;

Que l’espoir en secret dans leur âme se glisse,,

A leurs yeux dessillés vous allez voir surpris,

L’or reprendre aussitôt sa valeur et son prix.

Des médailles d’argent la faible récompenseSerait un don trop lourd, une folle dépense,