LES FUNERAILLES DE DUPUYTREN . 18>>
Que les larmes aux yeux suit un peuple en haillons,
Et dont les rangs épais confondent les sillons?
Est-ce encore un Périer dont la vie éclatanteS’entoure au dernier jour d’une pompe insultante,
Et du funèbre char, du coûteux monumentQuelque nouvel impôt paira-t-il l'ornement?...
Un impôt, dites-vous? Ah ! dans ce long cortège,
Que de soldats armés un faible rang protège,
Où d’un modeste éclat brillent quelques rubans,
Sont trois mille écoliers qui sortent de leurs bancs ;De trois mille habits noirs la lugubre harmonieTrahit l’incognito de la cérémonie.
Cette robe écarlate à reflet incertain,
Elle s’usa trente ans aux travaux du matin,
Et la croix d’officier sur ce cercueil jetée,
Que par les pleurs, le sang, d’autres ont achetée,Dupuytren la gagnait, lorsque, croisant leur feu,
Les obusiers royaux mitraillaient l’IIôtel-Dieu ,
Ou qu’aux murs de Paris , sous sa porte envahie,
Il étanchait le sang versé pour la patrie.