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La Turquie pittoresque : histoire, moeurs, description / par W. A. Duckett ; préface par Théophile Gautier
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LA TURQUIE PITTORESQUE.

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plutôt qu'à l’étendre. Reconnaissant envers l’empereur Manuel del’assistance qu’il avait trouvée en lui contre ses compétiteurs, iln inquiéta point Constantinople et resta toute sa vie le fidèle alliédes Grecs. 11 triompha du prince de Garamanie et de son fils, etlui fit grâce par trois fois malgré sa perfidie. Une rupture avecles Vénitiens qui lui coûta sa marine détruite à Gallipoli, n’eut pasune longue durée et lui permit de soumettre au tribut quelquespetits princes chrétiens et musulmans en Europe et en Asie , etmême de faire une excursion en Hongrie .

Tout à coup une conspiration, tramée dans l’ombre par des der-viches, avec une patience et une habileté surprenantes, faillit ren-verser son trône. La nouvelle doctrine religieuse avait pour basela liberté, l’égalité et la possession en commun de tous les biens,à l’exception des femmes ; en même temps les sectaires procla-maient des réformes opposées au Coran et à l’esprit de l’islamismeet se rapprochaient de plus en plus des chrétiens. Mahomet n eutraison de cette secte qu’en l’étouffant dans le sang.

A peine avait-il triomphé de ce danger, qu’un danger encoreplus grand peut-être vint le menacer. Un compétiteur surgit àson trône ; c’était son frère Moustapha-Nabedid (le Perdu) quiavait disparu à la bataille d’Angora ; le prétendant envahit la Thes -salie avec l’appui du prince de Valachie et du gouverneur deAicopolis ; battu près de Salonique , l’empereur Manuel refusa dele livrer, et Mahomet , assez généreux pour comprendre la noblessede ce refus, fit grâce à son frère et lui servit même une pension.

L’année suivante, le sultan mourut à Andrinople . Le grandvizir cacha sa mort pendant quarante et un jours, pour laisserle temps à son fils Amurat de s’assurer l’empire ; chaque jourle divan ou conseil s’assemblait comme du vivant du prince;

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