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La Turquie pittoresque : histoire, moeurs, description / par W. A. Duckett ; préface par Théophile Gautier
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LA TURQUIE

même on publia l’ordre de commencer une campagne. A cettenouvelle, les janissaires joyeux demandent à grands cris à voirle padichali avant que de partir, et pour les satisfaire, on lesfait défiler devant un kiosque où, à travers les vitrages, ils aper-çoivent leur maître, assis sur son trône, qui les salue de la main.Cette comédie funèbre était jouée par un esclave, caché derrièrele prince mort et qui, les bras passés dans son ample pelisse, faisaitmouvoir les mains impériales.

Après la mort de Mahomet , Moustapha-Nabedid, aidé par Manuel,s’empara d’abord d’une partie des provinces d’Europe , puis ilpassa en Asie , mais la défection de ses troupes le contraignit àprendre la fuite. Livré par la trahison de l’un des siens, il périt dusupplice des malfaiteurs.

Amurat II, qui n’avait que dix-huit ans, conçut dès lors contreles Grecs une haine implacable. Sans s’arrêter aux soumis-sions du Byzantin, il marche sur Constantinople à la tête de20,000 hommes. Déjà des machines sont construites pour faciliterles assauts, les murailles sont battues en brèche , les jeunes tillestremblent au pied des autels, le courage des défenseurs de la villes’épuise et va céder, quand tout à coup les troupes ottomanes fontvolte-face et repassent en toute hâte le détroit.

Une apparition miraculeuse de la Vierge, qui serait venuecombattre les infidèles sur les remparts, aurait, suivant lesGrecs, accompli ce prodige ; mais on peut penser, malgré tout lerespect dû à cette sainte légende, que la retraite du sultan futcausée par la révolte de son frère, un autre Moustapha, qui venaitde s’emparer de Nicée . Ce prince, trahi par la fortune ettombé au pouvoir d’Amurat, fut exécuté sur-le-champ, envertu de ces paroles du prophète : « Lorsqu’il y a deux khalifes